Ce lundi des vidéos et photos éloquentes (voir sous cette publication), publiées sur Facebook, dénoncent l’abandon de leur main d’oeuvre saisonnière par les propriétés viticoles du Médoc. Vous pourrez constater dans quelle situation d’insalubrité évoluent ces femmes et ces hommes, qui plus est après des journées de travail déjà bien difficiles dans les vignes. Alors qu’ils contribuent à la production de vins du Médoc connus dans le Monde entier et vendus à des prix parfois exorbitants, eux sont cantonnés dans des abris de fortune soumis au froid et à l’humidité, sans accès aucun à des sanitaires ni à l’hygiène. Plus que jamais le Médoc n’est pas cette terre que le Monde entier nous envie mais la terre où les petites mains de l’ombre de la viticulture, sont exploitées, méprisées et abandonnées à des conditions de vie de nature à mettre en danger leur sécurité et leur santé. 

Rien de vraiment nouveau, si ce n’est cette mise en image d’une réalité dissimulée derrière des paroles électoralistes et la promotion d’un Parc Naturel Régional qui perd ici toute crédibilité. 

Le Collectif Info Médoc Pesticides bouleversé par cette atteinte délibérée des employeurs à la dignité de leurs saisonniers, cautionnée par les élus médocains de tous bords politiques, condamne ces pratiques et appelle chacun à prendre ses responsabilités. 

D’une part, les employeurs ne peuvent plus exploiter une misère humaine et se déresponsabiliser de ses conditions de vie. Ils doivent assumer l’hébergement dans des conditions respectueuses, l’accès aux sanitaires et à l’hygiène de leurs travailleurs saisonniers. D’autre part, les élus ne peuvent pas ignorer la présence de ces camps sur leur commune et doivent à leur tour condamner ces pratiques et refuser qu’une telle misère et précarité humaine ne s’installe sur leur territoire. Pour cela ils doivent mutualiser leurs moyens avec les Appellations et tous les organismes viticoles pour que les saisonniers indispensables à la bonne marche de la viticulture médocaine, soient hébergés dans des conditions assurant le respect de leur personne et de leur santé. Enfin en notre qualité de consommateur nous avons tous et toutes un rôle à jouer en acceptant ou refusant de voir se maintenir cette situation, c’est pourquoi le Collectif Info Médoc Pesticides appelle chacun à la plus grande responsabilité dans ses achats de vins du Médoc à moins que les propriétés ne condamnent et ne se détachent de ce type d’exploitation et de ces traitements inhumains et dégradants portant gravement atteinte à la dignité des personnes. 

 Il ne doit plus être possible aujourd’hui de faire la promotion d’un vin produit dans le mépris de la personne humaine et de ses droits à la sécurité, à la santé.  Si la viticulture médocaine et girondine connait actuellement une conjoncture économique difficile, c’est aussi en raison de ses conditions de travail et il est regrettable qu’au lieu d’user son énergie et son temps à crier au complotisme et à un bordeaux bashing qui n’est autre qu’une énième stratégie marketing, les moyens ne soient pas mis pour améliorer son comportement vis à vis de ses travailleurs et donc des consommateurs, parce qu’aujourd’hui plus personne ne souhaite mettre son argent dans un vin qui a des relents de traite des êtres humains. Il est décidément difficile pour Bordeaux de tourner la page d’un passé bien encombrant, qui s’il a en son temps fait sa fortune le conduit aujourd’hui à sa ruine. 

Marie-Lys Bibeyran.

https://www.youtube.com/watch?v=gDXQjilEwqs&feature=youtu.be&fbclid=IwAR3y8HZwVNPBD0AoCD_qCayeN5oTgKYEvXgHcoJ2L8-P5Cd71vyLjxEXn9I

 

https://www.youtube.com/watch?v=BlDEynyrw-w&feature=youtu.be&fbclid=IwAR0u9Ca3TFJPVm84DN8U888uTdwoYNTmJllOZeH6IXn4n-RAS9FWZjbjKgE

https://www.youtube.com/watch?v=xannDjTSHoY&feature=youtu.be&fbclid=IwAR2Idnyzh0V-kk92Tzj4IAXp7qdfHULV4c8yW0vtPKO1yLcYyr8SG04OUqc

https://www.youtube.com/watch?v=H_EeosFS0PU&feature=youtu.be&fbclid=IwAR1K6u_LN1_EUvUVOLI6sR7g-OgIL4EXJ_9pL6FjXd-ELxcyu8BYi_BUH5M

https://www.youtube.com/watch?v=BDOba1KrY0g&feature=youtu.be&fbclid=IwAR2U8eAgHm4jqq4hCApUj-lFn66j6Y5l2yAN8JTqPvo0dHx18kMEjpEC5Co

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11 Commentaires

  1. Perrot

    30 octobre 2019 à 18 h 43 min

    Je viens de lire le livre publié en 1939 par John Steinbeck: « Les raisins de la colère ».
    Tout y est déjà dit….

    Répondre

  2. Christis

    30 octobre 2019 à 12 h 19 min

    Vous avez bien raison de dénoncer ces attitudes inqualifiables et indignes.
    Les vins de Bordeaux étant pas mal vendus à l’export , il serait bon que ces pratiques « Francaises » soient également connues hors des frontières.

    Répondre

  3. PAULY Isabelle

    30 octobre 2019 à 11 h 27 min

    Pouvez vous donner quelques déconcer quelques noms de chateaux et/ou de Coopératives ??? Afin que nous n’achetions pas leur production du coup, pour moi, hors la loi…
    Sinon, rien ne se passera… nos petis écrits de Facebook, ils s’en foutent pas mal… Si leurs noms apparaissent ici ou là, avec une incidence sur leurs ventes et leurs réputations (ça peut aller très vite sur la toile…) ils vont se bouger….
    Merci de votre retour…
    Restons vigilants… et battons nous !!!!

    Répondre

  4. Jean marie

    29 octobre 2019 à 11 h 39 min

    Comment faire la différence entre la vidéo d’un camp de travailleurs saisonnier du médoc et une vidéo d’un camp de sans- abri ??? Je ne nie pas le travail de votre organisation mais je suis devenu très prudent vis à vis des photos et vidéos sur le net. Merci d’apporter plus de précisions sur ce reportage et d’alerter les différents organismes d’état pour faire cesser cette infamie.

    Répondre

    • Philipps

      29 octobre 2019 à 16 h 07 min

      Bonjour!

      Pour faire la part des choses, je vous donne ici mon avis de vendangeur et décuveur en cave coopérative!

      Historique et Etat des lieux!

      Quand on fait les vendanges deux types de propositions (sur contrat) se sont (presque) tjrs offertes aux saisonniers: avec ou sans l’hébergement, avec ou sans les repas. Chaque domaine ayant ses propres caractéristiques. Comme le casse croûte de dix heure dans les vignes et qui perdure dans le Beaujolais pour exemple.

      Concernant l’hébergement de nouvelles dispositions (mais qui remonte tout de même à quelques années) se sont imposées aux propriétaires des domaines qui veulent pratiquer l’hébergement pour leur saisonniers. Ces normes s’entendent par des infrastructures de classe ERP: Etablissement Recevant du Public.
      En voilà quelques exemples:
      Bloc sanitaires: WC et douches doivent être séparés pour les hommes et les femmes.
      Dortoirs ou chambres, hommes et femmes séparés.
      Sécurité incendie des locaux qui doit être aux normes ERP: sorties de secours, extincteurs…

      Pour exemple et concernant l’hébergement, les lits superposés bien pratique pour gagner en places sont strictement interdit pour cette famille uniquement alors que vous verrez des lits superposés dans les hôtels!!

      Alors que jadis les gouvernements français qui se succédaient n’étaient pas très regardant sur l’accueil réservé aux saisonniers vendangeurs, il faut savoir que nous devons cela à deux circonstances:

      la première est d’origine climatique: avant les vendanges se faisaient juillet ou août se qui intéressaient fortement beaucoup d’étudiants.
      Aujourd’hui les vendanges sont tardives et commencent mi sept et souvent début octobre! Forcément ce n’est plus le même public! A cette époque là deux classes se mélangeaient, étudiants et adultes souvent chômeurs.

      Cocktails Molotov générationnel allons savoir mais ce qui nous amène à la deuxième circonstance:

      La deuxième circonstance et qui fera la première des journaux de l’époque c’est que nous devons ces nouvelles normes ERP à la mal chance avec un incendie qui pris feu en France dans une grange et qui malheureusement fera plusieurs morts parmis les vendangeurs. Vient s’ajouter à cette liste noire plusieurs accidents graves et dont deux ou trois mortel suite à des chutes de personnes dormant en hauteur sur des lits superposés (alcool?). Allons savoir?

      Répondre aux normes ERP coûte un fric fou pour les petits et moyens domaines pour construire ou rénover un bâtiment répondant à ces normes ERP. Aucune subvention ne leur sont accordés surtout quand un domaine n’emploi qu’une dizaine de jours dans l’année!

      Aujourd’hui très peu de domaines proposent le gîte et le couvert et dans ceux qui le proposent encore, ils ne répondent pas aux normes ERP incluant pour les propriétaires le risquent d’encourir de grosses amendes pécuniaires.
      Ces domaines le savent et en prennent le risque.

      Conclusion?
      Telle est faite les lois qui encadrent les travailleurs saisonniers avec ou sans hébergement: hébergement répondant aux normes ERP d’un côté et camping sauvage interdit de l’autre!
      Souvent quand le domaine qui recrute ne propose pas l’hébergement il doit impérativement mentionner dans son annonce que le camping sauvage est strictement interdit. Cela pour se couvrir vis à vis de la préfecture qui fait en théorie fait la chasse aux camping sauvage durant la saison des vendanges. D’année en année le camping sauvage pèse lourds sur les petites communes qui doivent nettoyer et jeter tous les détritus laissés sur ces emplacements.
      Et c’est sans parler des incendies qui ont eu lieux dans quelques uns de ces campement de fortune ou souvent les saisonniers accompagnés de chiens laissent leurs animaux de compagnie souvent livrés à eux même ce qui là encore crée de nouveaux problèmes de voisinage quand c’est pas la poules qui est bouffée!
      Leurs propriétaires ayant toute la journée  »la tête dans les seps »!

      Une solution? Serait que mairies, préfectures et domaines s’entendent pour par exemple créer des villages de tentes proposant le gîte et pourquoi pas le couvert. Ainsi la période saisonnière est encadrée ce qui peux créer plusieurs nouveaux emplois sur ces sites villages de tentes. Les prix des repas et hébergement sont tous les ans indexés par les préfectures des régions. Un domaine préfère grandement que ses saisonniers soient hébergés au domaine ce qui garantie que les saisonniers sont tous présent au petit déjeuner…

      Ce n’est donc qu’aucune simple question de bon sens et d’organisation mais là encore nous en sommes hélas très loin… Chacun tirant toujours la ficelle de son côté…Alors que les solutions existes!

      Tant qu’au travailleur saisonnier, celui-ci sait très bien à quoi il doit s’attendre et se confronter quand il accepte un contrat saisonnier sans que l’hébergement lui soit proposé.
      Pour se faire un peu plus de sous sous, j’ai connu des saisonniers qui préféraient ne pas prendre l’hébergement même si celui est proposé .
      La crise économique et la vie cher en France n’arrangeant pas cette situation et puis il y a en France cette masse sans cesse grandissante de réfugier qui eux accepteraient tout et n’importe quoi. Dure réalité.

      Bruno.P

      Facebook: https://facebook.com/Brunodesaxe

      Répondre

  5. BRIGITTE MANANT

    29 octobre 2019 à 9 h 25 min

    En Limousin, c’est pour l’éclaircissage des pommiers que c’est aussi l’horreur.
    Pas pour l’hébergement, car les travailleurs sont conduits en bus attitré de Limoges jusqu’à la propriété chaque matin et reconduits le soir. Seulement, si un problème survient sur le trajet, ils doivent prolonger leur journée pour compenser ce temps perdu.
    Mais les conditions de travail sont innommables. Pas d’accès à des sanitaires, le mieux est des ne pas boire de la journée. Des échelles branlantes pour monter dans les arbres. Un employé esclavagiste qui insulte les travailleurs de façon récurrente. un salaire horaire bien au dessous du SMIC. Et si le travailleur tombe de son échelle, rien n’est organisé pour le secourir.

    Répondre

  6. Simar

    29 octobre 2019 à 9 h 09 min

    de toute façon nous en Languedoc on s’en fout vu qu’on leur revend nos surplus de caves coopératives et que des saisonniers on n’en a plus (même en soi-disant bio) vu que tout est mécanisé… Sauf en vins naturels heureusement, pour les derniers résistants où notre main d’oeuvre est aussi locale que les cépages

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  7. PRUDENT

    29 octobre 2019 à 8 h 51 min

    Tout cela me fait penser aussi Antilles françaises avec le chlordécone. Tous pourris

    Répondre

  8. Philippe BLIN

    29 octobre 2019 à 7 h 18 min

    Quelque soit l’employeur, il doit se responsabiliser envers ses employés, sinon, il doit être frappé d’interdiction de poursuivre son activité, s’il met en danger des employés, tant au niveau de la dangerosité du métier et de leur santé (Exposition aux produits dangereux ou inhalation à ceux là )Une loi devrait revoir ces abus qui font exploser partout en FRANCE, la déshumanisation dans le monde du travail au seul but, de réaliser davantage de profits. Aucun employeur n’est excusable de fautes professionnelles au même titre qu’un salarié qui serait purement et simplement viré de son emploi pour de mêmes fautes professionnelles. C’est cette justice qu’il faut faire naître, à travers de nouveaux articles de Loi et décrets. La protection des uns et des autres, est dans l’intérêt de toute la collectivité. Ph/B…

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  9. Julie Merson

    29 octobre 2019 à 5 h 11 min

    Boycott suivi

    Répondre

  10. Christian Metay

    29 octobre 2019 à 0 h 07 min

    j habite une commune du medoc au milieu des vignes c est la premiere fois que je constate qu il n y a plus d escargots dans le parc ont n utilise jamais de granules dans le jardin renseignement pris chez les revendeurs d escargots il y en a partout ailleurs donc il y a un gros probleme il faut pas se voile la face merci

    Répondre

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