Cette fin de semaine la presse locale s’est fait l’écho de ce qui se disait depuis déjà quelques mois, le vin de Bordeaux ne fait plus recette https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/cote-chateaux/2019/06/07/bordeaux-le-marche-du-vin-est-morose.html?fbclid=IwAR3SqQWHMXhsgySDvymvnXfTuWhO1hPaDYOuaZG7JJTfHlcQ9eyAOKDAIrk, parce qu’il ne fait plus envie et encore moins rêver. Il faut dire que pour le prestige vous repasserez entre pesticides à foison, scandales de fraude, vin de la lune par exemple https://www.sudouest.fr/2019/01/10/vins-de-lune-peines-allegees-par-la-cour-d-appel-5720267-2780.php ou tromperie et falsification chez le négoce https://www.vitisphere.com/actualite-89712-Six-mois-fermes-pour-un-negociant-en-vin-bordelais.htm, conditions de travail portant atteinte à la santé des travailleurs  https://blog.ttla-avocats.com/2019/06/07/pesticides-condamnation-du-chateau-maison-neuve-pour-une-exposition-a-larsenic-a-lorigine-dun-cancer-du-poumon/http://infomedocpesticides.fr/2019/03/27/condamnation-chateau-vernous-pour-faute-inexcusable-la-fin-de-la-toute-puissance-de-la-viticulture-medocaine/et misère des populations environnantes https://www.larvf.com/bordeaux-entre-splendeur-des-grands-chateaux-et-misere-des-travailleurs-de-la-vigne,4601702.asples Vins de Bordeaux font la Une de la presse mais plus en rubrique Faits Divers ou Chronique judiciaire que Gastronomie ou Tourisme !

Qui a encore envie de contribuer à l’enrichissement de ces spéculateurs et de consommer un vin au mieux synonyme d’appauvrissement de territoires, au pire de maladie et de mort ? ! 

Plutôt que de se remettre en question, la profession crie encore une fois au « Bordeaux Bashing » et montre les associations de protection de la santé environnementale et les reportages d’alerte comme Cash Investigation et Cash impact, pour les plus marquants, comme responsables de leurs malheurs. Se poser en victime, c’est ce qui a toujours permis à la viticulture française de se constituer un profil privilégié en tant que productrice d’un produit sacré soi disant image de la France, et d’échapper à la réglementation sur l’alcool et sur le droit du travail, grâce là au chantage à l’emploi. 

Problème, cette fois c’est un fossé de désamour qui se creuse entre le monde viticole et ses concitoyens. Ignorés, bafoués, méprisés, empoisonnés aux pesticides, dupés et trompés, pas sûr qu’ils se laissent amadouer par une quelconque campagne de propagande vantant les mérites d’un breuvage qui ne serait pas vraiment un alcool comme les autres, mais qui ne serait pas tout à fait prêt à franchir le cap de pratiques culturales et de conditions de travail protectrices.   C’est ça qui a fait fuir le client,  la contre étiquette derrière une vitrophanie qui ne trompe qu’un temps. 

Bordeaux a pris le retentissement médiatique des pesticides comme quelque chose de temporaire et avec l’orgueil des puissants qui se pensent invulnérables. Les pesticides n’ont pas disparu de la scène publique comme un effet de mode, mais sont au contraire devenus – à juste titre- incontournables et un scandale de Santé Publique. Bordeaux est dépassé, pourtant Bordeaux aurait pu avoir un temps d’avance, dès 2011 article dans Sud Ouest Gironde sur  la procédure en reconnaissance post mortem de maladie professionnelle au nom de Denis Bibeyran, grosse médiatisation et première épine dans le pied de la viticulture bordelaise. Les institutions dont au premier rang le CIVB, prennent de haut et continuent encore aujourd’hui sur la même voie, jusqu’à creuser leur propre tombe. C’est pas comme si on ne les avait pas prévenus, c’était si inéluctable. 

Bordeaux aurait pu se démarquer des autres appellations de par cette émergence de la problématique des pesticides sur la Gironde, en prenant ses responsabilités et en faisant face. Bordeaux aurait pu anticiper cette indispensable transition vers la viticulture vierge de pesticides et ne pas laisser mourir ses travailleurs empoisonnés dans l’indifférence. Mais Bordeaux était su sommet et avec l’arrogance des saigneurs, ils ont oublié que les victimes des pesticides, les travailleurs des vignes, les riverains, les parents d’enfants scolarisés prêts des vignobles étaient  aussi des consommateurs et avaient la force du nombre et la rage de ceux qui se battent pour Demain. 

Bordeaux avait tout d’un grand mais la soif et le mépris de beaucoup ont provoqué une chute qui n’est pas une surprise. Heureusement ceux qui font du vin avec respect de la nature et de l’Homme, ceux qui cultivent comme ils vivent avec harmonie, vérité et humilité ne souffrent pas trop de cette défiance, parce que le consommateur sait aujourd’hui où il peut aller pour trouver du vin de Bordeaux correspondant à ses attentes.  

Je ne pleurerai pas sur le sort de ceux qui ont tout sacrifié, y compris nos pères, nos mères, nos frères, nos enfants, nos maris, pour quelques bouteilles de vin et des millions supplémentaires, prêts à tout pour leur enrichissement, ils récoltent aujourd’hui le fruit de leur semence.

Marie-Lys Bibeyran.    

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