Communiqué de presse publié ce lundi matin par les associations et collectifs girondins, pour repositionner le débat sur la problématique de la nature des produits et exprimer nos attentes quant aux chartes départementales.

Communiqué de presse : position des associations sur les chartes départementales
concernant l’exposition aux pesticides.

Les associations soussignées réclament depuis plusieurs années au Préfet de la Gironde d’améliorer
les dispositifs de protection des résidents prévus dans l’arrêté préfectoral de Gironde datant de 2016, en
particulier une zone de traitement aménagée de 200 m autour des établissements sensibles et
plus généralement de toutes les habitations où les produits les plus dangereux (cancérigènes,
mutagènes, reprotoxiques, perturbateurs endocriniens, SDHi) soient interdits. Dans cette zone,
l’exploitation agricole resterait possible comme le montrent les vignobles de Rauzan ou Tutiac
qui se sont déjà engagés dans l’abandon des CMR.

Nous ne demandons pas une zone de non traitement (ZNT) autour des habitations,
inenvisageable dans un territoire à l’habitat dispersé, et nous refusons de rentrer dans un débat
cantonné à marchander quelques mètres de distance. De même, les mesures instaurant des haies ne
permettent pas d’éviter la diffusion des micro-brouillards de pesticides, ni la volatilisation postapplication
ou le transport par les poussières (voir les mesures de pesticides dans l’air au centre de
Bordeaux réalisées par ATMO N.A. en 2017 et 2018).

Les chartes départementales doivent définir des mesures précises dont l’application puisse être
contrôlée :

- Autour des 160 établissements sensibles très proches des exploitations agricoles (répertoriés
dans 128 communes girondines par la DRAAF suite à l’affaire de Villeneuve de Blaye) le mode de
culture doit être celui de l’agriculture biologique, le seul donnant lieu à une certification. Des
dispositions d’urgence doivent être prises par les pouvoirs publics pour accompagner financièrement
cette transition d’ici 3 ans.

- L’arrêté interministériel de 2017 actuellement suspendu interdit les épandages lorsque la vitesse
du vent est supérieure à 3 Beaufort mais aucun dispositif de contrôle de cette mesure n’existe. Nous
demandons l’installation d’une manche à air dans toutes les communes concernées.

- De nombreux pesticides utilisés en agriculture conventionnelle imposent un délai de rentrée dans
les rangs de 48h. Les résidents comme les promeneurs occasionnels doivent être prévenus. Un
disposition de fanions aux angles de la parcelle traitée doit alerter du danger et signaler le nom et les
caractéristiques du produit épandu.

- Certaines propriétés viticoles de Gironde préviennent déjà par SMS leurs riverains des horaires de
traitement. Ce dispositif doit être généralisé, avec l’appui logistique des mairies.

- Enfin les mesures préfectorales d’interdiction de traitement dans les tranches horaires de
fonctionnement des écoles et établissements sensibles doivent être reconduites et améliorées.

Alerte Pesticides Haute Gironde, Henri Plandé & Sylvie Nony 
Alerte aux Toxiques, Valérie Murat 
Collectif Infos Médoc Pesticides, Marie-Lys Bibeyran 
Générations Futures Bordeaux, Cyril Giraud 
Collectif Alerte Pesticides de Leognan, Emeric Roux 
FCPE 33, Stéphanie Anfray 

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