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Château Vernous 2016 : le goût de l’interdit !


M. Pierre-Jean Larraqué est un homme comblé. Propriétaire du Château Vernous et à la tête d’un grand groupe viticole international au chiffre d’affaire de 64 millions d’euros, il a la chance de voir la presse spécialisée vanter le développement de LVI (Larraqué Vins International) dans des publi-reportages non-signalés comme tels.
Le beau conte serait parfait si une vilaine affaire de salariée intoxiquée par les produits phytos et atteinte de la maladie de parkinson n’était venue ternir le tableau. En effet le tribunal des affaires de sécurité sociale de Bordeaux a retenu en mars 2019 la faute inexcusable du château Vernous, qui a fait appel de cette décision.
Depuis, LVI se vante de sa conversion à la Haute Valeur Environnementale. Le groupe déclare à qui veut l’entendre son souci « d’expliquer la trajectoire de ses produits et les maîtriser de bout en bout ».
Nous lui apportons notre contribution avec l’analyse d’une bouteille du Château Vernous 2016, Cru Bourgeois du Médoc. À 11 euros la bouteille, on en a pour son argent en pesticides de synthèse ! Rien ne manque : 2 insecticides, 6 fongicides, du Folpel anti-Mildiou CMR, 4 anti-Botritys et du Boscalid, un pesticide SDHI [1].
Pour ce prix, on a même droit à une pincée de Procymidone [2], molécule interdite depuis 2008 qu’on peut s’étonner de retrouver à un taux si élevé.
Voilà une bonne piste pour une prochaine promotion : « Château Vernous : le goût de l’interdit ! »
Plus sérieusement, la « trajectoire des produits du château Vernous ne semble toujours pas maîtrisée de bout en bout » : 4 ans après l’intoxication de Sylvie Berger, on est obligé de constater que les pratiques phytosanitaires du Château Vernous n’ont pas beaucoup changé. La seule évolution c’est celle de la communication. On ne parle plus de viticulture conventionnelle chimique mais de Haute Valeur Environnementale niveau 3.
Rien n’a changé : on a apposé un joli label HVE3 trompeur, sur les mêmes pratiques et sur les mêmes résidus. Les salariés et riverains restent en danger. Et le monde du vin a vraiment besoin de tourner la page de la chimie dure qui pourrit son image.

[1] Les fongicides SDHI ont pour but d’inhiber la succinate déshydrogénase (SDH). La succinate déshydrogénase est une enzyme présente chez un grand nombre d’être vivants (jusqu’aux bactéries). Elle participe à des phénomènes de métabolisation, à la circulation des électrons et à la respiration cellulaire. Les fongicides SDHI stoppent les champignons en bloquant le fonctionnement de leurs cellules. Ces pesticides diffusés dans l’environnement en passant dans la terre, l’eau, les aliments, vont avoir le même effet sur les cellules humaines.
[2]http://ec.europa.eu/food/plant/pesticides/eu-pesticides-database/public/?event=activesubstance.selection&language=EN
https://ephy.anses.fr/substance/procymidone

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Un commentaire

  1. Corona

    13 septembre 2019 à 19 h 22 min

    J’allais en acheter une bouteille lorsque en jetant un petit coup d’œil sur le net au cas où, je suis tombé sur cet article…

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