Vendredi soir à Moulis, ce sont près de 150 personnes, malgré des ratés dans la communication autour de l’événement, qui sont venues écouter nos deux experts des effets et du goût des pesticides, Gilles-Eric Séralini et Jérôme Douzelet. A en croire les applaudissements et l’enthousiasme témoigné par leurs auditeurs, ils semblent avoir fait l’unanimité. Soirée débat 1er février 04                                                            02 W 03 W                                                           04 W 09 W                                                           10 W 13 W                                                            Soirée débat 1er février 02

Après les remerciements de coutume et un hommage à Alain Parfondry, médecin généraliste médocain proche du Collectif Info Médoc Pesticides, Mrs Séralini et Douzelet ont pendant quasi deux heures durant, expliqué en détail leur dernière étude menée de concert sur le goût des pesticides. Goût détecté d’abord dans de l’eau dans laquelle était préalablement diluée une dose de substance active d’un pesticide bien déterminé, à la dose à laquelle il est détecté dans le vin. Le laboratoire de Mr Séralini se procurant à chaque fois un échantillon de la matière active seule. Après avoir ainsi identifié le goût dans l’eau, ils sont passé à l’étape de la détection dans le vin, observant un protocole pointilleux. Précisant aussi que la vigne est la plante la plus traitée au Monde !

Chaque vin acheté l’était par couple afin de tester des vins  de même terroir, de même cépage, de même variété et de même année, un en Bio et un en non Bio (pas forcément labellisé), 16 couples de vin au total pour 250 pesticides dosés.

Powerpoint Séralini 06

Les vins biologiques ne contiennent pas de pesticides sauf 1 sous forme de traces. Les vins non biologiques contiennent entre 1 et 6 pesticides. Les fongicides détectés sont : Folpel, Iprodione, Fenhexamide, Iprovalicarbe, Pyrimethanil, Boscalid et des résidus d’herbicides Glyphosate et AMPA.

Exemple d’un couple de vin testé : Château l’Evangile sur Pomerol (propriété de Rothschild) en conventionnel à 400€ la bouteille et Château Gombaude Guillot (propriété Techer) également sur Pomerol en Bio qui coûte 30€ la bouteille. Résultats :  Pas de pesticides dans le vin bio contrairement au vin non bio dans lequel est détectée une dose de Boscalid 1460 fois plus élevée que la dose autorisée dans l’eau !

Voici un aperçu des vertus annoncées par les instances sanitaires  de ces molécules, sachant que lorsqu’elles sont reconnues c’est qu’elles sont plus qu’avérées….

Powerpoint Séralini 03

Les deux experts rappellent que le vin n’a pas de Limites Maximales de Résidus, celles qui lui sont parfois malhonnêtement appliquées, sont celles des raisin de cuve et raisins de table. Or, elles sont suffisamment élevées pour que les doses détectées dans le vin, y soient toujours inférieures. Rassurant ? Pas vraiment. En effet, prenons par exemple le gentil Boscalid, le Professeur Séralini nous explique qu’il suffit de 16ml de vin (soit le fond d’un verre) pour être exposé aux risques d’une intoxication chronique ! Il n’y a pas de dose sans effet, contrairement à ce que tente de nous faire croire les fabricants de pesticides, les instances sanitaires et les professionnels viticoles. Boire un vin non Bio vous expose déjà à des risques importants pour votre santé, en plus de financer une viticulture mortifère pour sa main d’oeuvre et son voisinage. 

Lors de l’étape de la détection des pesticides dans l’eau, 85% des testeurs détectent les pesticides au moins 1 fois, 58% à chaque fois.

Quant aux goûts identifiés dans l’eau :

Powerpoint Séralini 04                                                 14 W

Dernière étape : tester les couples de vins achetés pour y détecter ces mêmes goûts.

Powerpoint Séralini 05

Le Professeur Séralini et le chef cuisinier Jérôme Douzelet d’expliquer que les arômes présentés comme une originalité d’un vin, comme une particularité d’une année, résultent en réalité des pesticides qu’il contient et  y sont ajouté également des levures de synthèse….notamment pour pallier l’absence des levures naturelles contenues dans la peau du raisin, qui sont elles tuées par les produits chimiques…Levures de synthèse aromatiques, qui permettent d’influer volontairement sur le goût du vin, qui n’avait déjà plus rien de naturel. Là où au contraire un vin bio sera chaque année naturellement différent, parce que le fruit d’une combinaison jamais identique entre la météo, le terroir et l’expression d’un savoir faire artisan.

Désormais vous saurez que lorsque vous trouvez un arôme de fraise, de banane ou autre à un vin non bio, il s’agit en réalité du goût des pesticides qu’il contient et que la sécheresse en bouche ne s’explique pas par la teneur en alcool ! 

Point positif dans leur argumentaire : la capacité des plantes et de nos organismes à se détoxifier de ces poisons, dès qu’ils y sont moins exposés. Par exemple, deux parcelles de vignes proches, l’une cultivée avec des pesticides l’autre en Bio. La parcelle Bio recevra 10 fois moins de produits toxiques et va au fur et à mesure se débarrasser naturellement, via les plantes,  des pesticides reçus jusque là. D’où l’intérêt pour l’être humain de se nourrir au maximum d’aliments Bio. 

-Ils ont fait un petit retour sur la pseudo toxicité du cuivre et vraie campagne de désinformation, orchestrée par ceux qui n’ont pas intérêt à son utilisation. Il est intéressant de découvrir que les vins conventionnels contiennent 10x plus de cuivre que les vins Bio, les viticulteurs biologiques étant soumis à des limitations drastiques de doses de cuivre susceptibles d’être utilisées.  Quantité désormais limitée à 4kg/ hectare / an lissage sur 7 ans. 

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A noter ici le Boscalid évoqué plus haut et pour lequel 16ml de vin en contenant suffit à nous intoxiquer gravement. 

-Retour également sur la difficulté du gouvernement et de l’Union Européenne à interdire le glyphosate.  Où nous apprenons que les banques européennes avec l’aval des gouvernements nationaux et l’aide de nos impôts, ont aidé Bayer à racheter Monsanto, et n’ont donc pas intérêt à l’interdiction du produit phare de la firme déjà malmenée par des procès en cours et des plaintes qui s’accumulent. Le manque d’alternatives viables et la survie financière des agriculteurs que l’on continue ainsi à empoisonner, ont bon dos. Mais en doutions-nous encore ?!

-Retour pour finir sur la composition des pesticides. Le Professeur Séralini avait démontré en 2018 la toxicité des coformulants du Round’up. C’est-à-dire des produits qui sont ajoutés au glyphosate pour en augmenter l’efficacité, la fluidité etc…

Ces coformulants seraient jusqu’à 1000 x plus toxiques que le glyphosate seul. Alors que ce dernier isolé, ne parviendrait pas à tuer vos herbes dites « mauvaises », un adjuvant seul y arriverait sans problème. Pire, il détruirait aussi des cellules humaines du rein en moins d’1h30 en laboratoire ! 

Question : quels sont des coformulants ou adjuvants ? difficiles à identifier parce que couverts par le secret industriel. La procédure d’homologation de la substance active auprès de l’EFSA et de la formulation commerciale auprès de l’ANSES (pour la France), repose sur des études de toxicité financées par les firmes elles-mêmes et l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) est délivrée en l’absence de connaissance de l’exacte composition du pesticide autorisé !

Le Professeur Séralini a cependant réussi à en identifier, notamment pour le Round’Up, on apprend ainsi qu’il comporterait de l’Arsenic (pourtant interdit en France), et que les pesticides en général seraient composés de détritus de pétrole qui seraient à eux seuls beaucoup plus dangereux que la substance active, qui capte pourtant toutes les attentions.

Par conséquent, ce n’est pas une substance active qu’il faut interdire mais bien toute l’industrie des pesticides qu’il faut anéantir.

A noter l’absence de la presse et du milieu viticole pourtant invités.

Pour en savoir plus :

http://www.seralini.fr/

https://charliehebdo.fr/ecologie/le-roundup-contient-des-substances-1000-fois-plus-toxiques-que-le-glyphosate/

https://combat-monsanto.org/spip.php?article1003

https://www.youtube.com/watch?v=M0OAALb9WPo (Affaire Séralini à partir de 50min).

 

 

 

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10 Commentaires

  1. JEFF

    5 février 2019 à 11 h 46 min

    merci pour votre engagement sans failles ; les dégats sur nos enfants sont déjà visibles mais ont intérêt à être masqués ; Monsanto , Bayer ont declenché une extermination sourde et invisible .la France est connu pour sa résistance , ne lachons rien pour nos enfants .
    merci

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  2. Rahlf

    5 février 2019 à 1 h 20 min

    Merci pour le compte rendu, même si tout cela n’est pas scientifiquement prouvé avec exactitude et selon des protocoles et des normes précises, définies, documentées et validées par la communauté scientifique, le simple bon sens voudrait qu’on boive du vin sans « le reste ». Il ne faut pas sortir de St-Cyr pour comprendre que nous crèverons tous de cette adoration que la plupart ont pour le FRIC et que nos descendants seront chassés du paradis terrestre que nous n’avons su entretenir avec sagesse.

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  3. Tauzier Max

    4 février 2019 à 12 h 43 min

    Ce soir là (01-02-2019) je suis reparti de Moulis bien moins ignorant qu’en arrivant 2h plus tôt.Ce tandem nous a fait passer un message clair et limpide.Haro sur les pesticides dans la vigne ou ailleurs.Un grand merci a tous ces lanceurs d’alertes lucides.

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  4. Gilles Mugard

    4 février 2019 à 9 h 32 min

    Bonjour
    De tout coeur avec vous.
    J étais agriculteur ( conventionnel ) j ai compris après réflexions que l’agriculture classique était dangereusement dans l erreur.

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  5. pascal martine

    4 février 2019 à 9 h 19 min

    merci encore au professeur Seralini .Il y a quelques années vous aviez communiqué sur le glyphosate et les cancers, vous aviez raison ;Merci pour votre engagement

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  6. Crinon

    3 février 2019 à 22 h 05 min

    Ni désherbage, ni labour, ni pesticides, ni engrais , voilà le secret perdus des bons vins à l’ancienne, sur sols vivants, protégés et pérennes.
    Laisser la vigne souffrir, et des petits rendements, hé con, comme disait Mr Reynaud de Château Rayas.
    Comment une profession entière a pu devenir aussi crétine pour se laisser transformer en empoisonneurs uniformisés ? Bravo les lobbies !

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  7. benoit

    3 février 2019 à 20 h 18 min

    merci et bravo pour votre travail

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  8. bousquet

    3 février 2019 à 18 h 55 min

    il faut lutter avec ténacité contre ces pollueurs en faisant la promotion du vin bio , contacter les responsables dans chaque point de ventes que vous fréquentez pour leurs demander d’ouvrir des consoles de vins bios bien en évidence pour attirer le consommateur

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  9. Béatrice Roussel

    3 février 2019 à 18 h 23 min

    Bravo pour votre courageux combat, et merci de nous informer!

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  10. hommet

    3 février 2019 à 17 h 27 min

    merci pour ce compte rendu nous suivons avec interet les travaux du professeur Seralini

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