Se tenait ce jour l’audience de Sylvie Berger, contre son employeur dont elle est toujours salariée, pour faute inexcusable.

Sylvie a subi une intoxication aiguë en 2012, à la suite de celle-ci elle a été diagnostiquée atteinte de la maladie de Parkinson, reconnue en maladie professionnelle le 31 octobre 2016, et d’une anémie de Biermer, maladie auto immune absente des tableaux de la MSA. Elle a engagé cette procédure pour faute inexcusable pour faire reconnaître et condamner les manquements graves de son employeur à son obligation de sécurité de résultat quant à la santé et la sécurité de ses travailleurs.

Obligation de résultat à la charge de tout employeur rappelée ce matin par l’avocate de Sylvie, qui signifie que le patron doit garantir la santé et la sécurité de son personnel il est à ce titre tenu d’un résultat, contrairement à l’obligation de moyens qui suppose la mise en oeuvre de tout ce qui est possible pour éviter un dommage.

La difficulté à engager ce genre de procédure à l’encontre de sa hiérarchie, du fait des pressions et de l’isolement qui en résultent, rend la démarche marginale et induit chez les employeurs un sentiment de toute puissance. Ajoutez à cela, une image de prestige véhiculée par les institutions viticoles bordelaises et vous obtenez des conditions de travail (bien au delà de la seule question des pesticides) moyenâgeuses.

Ce sont  ces conditions de travail qui étaient jugées ce matin et pas le lien entre l’exposition aux pesticides et l’intoxication qui en est résultée avec les maladies dont souffre Sylvie. Contrairement à ce qu’a tenté de démontrer l’avocat de la partie adverse qui s’est obstiné à remettre en cause le caractère professionnel de la maladie de Parkinson, pourtant validé par la MSA en 2016….

Il devrait être impossible de revenir sur une reconnaissance de maladie professionnelle qui reste encore trop marginale, parce que le fruit d’un vrai parcours du combattant pour la victime.

Cet avocat s’est aussi fait remarquer par des propos diffamatoires tenus à l’encontre de Sylvie, l’accusant de mensonges continuels et pathologiques, de corruption de témoin, allant jusqu’à dire qu’elle serait responsable de sa maladie…

La défense d’un accusé en panne d’arguments ? probablement mais une épreuve supplémentaire pour Sylvie qui fait déjà montre d’un courage exemplaire ayant essuyé 7 reports d’audience à la demande exclusive de la partie adverse et qui se bat au quotidien contre l’évolution de ses deux pathologies.

Ce procès est d’un enjeu considérable et pas uniquement pour rendre justice et dignité à Sylvie. Une condamnation de l’employeur ne se ferait pas sans un écho majeur dans le microcosme de la viticulture bordelaise et médocaine.

Et si au pays des saigneurs, les vassaux et les serfs emportaient enfin la partie ? 

Rendez-vous le 26 mars !

Marie-Lys Bibeyran.

 

 

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