L es déclarations d’intentions du Comité Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB) font systématiquement la UNE des journaux locaux.

De l’annonce stratégique d’une future mais non programmée sortie des pesticides des vins de Bordeaux, à la soumission de 7 appellations bordelaises à une Charte environnementale dont le contenu nous aurait paru révolutionnaire au début des années 80 mais est aujourd’hui dénué d’ambition, à une incitation à l’évitement  des pesticides reconnus Cancérigènes Mutagènes Reprotoxiques (CMR), plus de 6 ans d’écho médiatique bordelais des effets intolérables des pesticides sur la santé avant d’oser lâcher 3 lettres qui fâchent  CMR!

Obsolètes, ridicules, méprisantes ou obscures, les paroles du CIVB sont retentissantes. Le budget pharaonique alloué à sa communication fait son effet, la propagande est bien là.

A côté de ça, la mise à disposition du public des données nationales de vente des pesticides s’est faite dans le silence des médias, jusqu’à la publication par Médiacités  cette semaine d’un dossier « Pesticides, la carte de la France Toxique ». En accès réservé, dommage.

https://www.mediacites.fr/enquete/2017/11/09/carte-de-la-france-toxique/?preregistration-done=true

Mais on y apprend  que depuis cet été les chiffres de la Banque Nationale des Ventes des Distributeurs de Pesticides BNV-D sont accessibles, et donc tout un chacun peut consulter les ventes de produits phytosanitaires dans son département, de 2009 à 2016, sachant que toutes les ventes y sont répertoriées donc pas seulement en matière agricole mais aussi aux collectivités et aux particuliers. (Je peux vous transmettre le dit tableau).

La Gironde est sans surprise le deuxième département de France en totalité des ventes.

Cash et après ? 

Je me suis concentrée sur le département girondin et sur l‘année 2016, soucieuse de voir dans les chiffres les répercussions des affaires dramatiques qui fleurissent sur la place médiatico-judiciaire bordelaise  et du reportage Cash Investigation de février 2016, en retenant des molécules qui sont majoritairement utilisées en viticulture. 

Et si les campagnes publicitaires du CIVB disaient vrai ? si les vins de Bordeaux étaient sur le point de sortir de la peste des pesticides ? !

- 226 tonnes de glyphosate  herbicide  cancérogène probable, teratogène (susceptible de produire des effets sur le foetus)…

83 tonnes 574 de mancozèbe fongicide suspecté d’être cancérogène et perturbateur endocrinien, susceptible de nuire au foetus (+ voie d’exposition), peut provoquer une allergie, très toxique pour les organismes aquatiques….

168 tonnes 929 de folpel fongicide susceptible de provoquer le cancer, peut provoquer une allergie, provoque une sérieuse irritation des yeux, nocif par inhalation…

352 kg 5 chlorpyriphos éthyl insecticide ayant un impact sur le développement du cerveau des bébés exposés pendant la grossesse (http://www.pnas.org/content/109/20/7871.abstract), des études montrent responsabilité de cette molécule dans l’autisme (https://www.lesechos.fr/15/09/2014/LesEchos/21771-041-ECH_autisme-et-pesticides.htm)…

- 3 tonnes 103 chlorpyriphos méthyl insecticide peut provoquer une allergie cutanée, très toxique pour les organismes aquatiques entraîne des effets à long terme…

1 tonne 37 indoxacarde insecticide peut provoquer une allergie, nocif par inhalation, risque avéré d’effets graves pour les organes (listés) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (+ voie d’expo), très toxique pour les organismes aquatiques…

1 tonne 906 difénoconazole   fongicide risque présumé d’effets graves pour les organes (listés) à la suite à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée (+ voie d’expo), très toxique pour les organismes aquatiques….

1 tonne 846 iprodione   fongicide susceptible de provoquer le cancer, très toxique pour les organismes aquatiques et entraîne des effets à long terme….

8 tonnes 518 tebuconazole fongicide susceptible de nuire au foetus (+ voie d’exposition), toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets à long terme….

0.822 tonnes cypermethrine  insecticide cancérogène possible

2.398 tonnes pendimethaline  herbicide cancérogène possible

 

….ont été vendus en Gironde en 2016…sachant que ce n’est qu’un petit aperçu de la plusieurs centaines de molécules concernées et comme indiqué plus haut que ce n’est pas limité à la seule activité viticole ni même agricole.

 

Pub civb détournée

Cela nous donne une petite idée de là où nous en sommes en Gironde…les pesticides et en particulier les CMR font encore partie intégrante du paysage viticole. Les travailleurs des vignes, les riverains, les enfants sont toujours gravement exposés et mis en danger.

A l’approche des fêtes de fin d’année, voilà un aperçu des invités surprises sur votre table….les résidus de pesticides présents dans les bouteilles que vous aurez peut-être acheté cher, l’absence de Limite Maximale de Résidus de pesticides pour le vin n’étant pas pour vous rassurer…

Une seule solution : boycotter les vins susceptibles d’en comporter c’est-à-dire privilégier exclusivement les vins labellisés Bio (AB, Ecocert) ou Biodynamiques (Demeter).  

Au-delà de votre satisfaction personnelle vous contribuerez ainsi à la protection de la santé des travailleurs des vignes, des riverains et des enfants exposés aux pratiques de la propriété produisant le nectar choisi.

Je pense que nous sous estimons notre pouvoir de consommateur de choisir de ne pas consommer un produit et en dehors de ce contexte des festivités de fin d’année c’est quotidiennement que nous devrions réserver notre pouvoir d’achat aux producteurs labellisés Bio ou Biodynamie. Comment est-il possible aujourd’hui que des grands noms des vins de Bordeaux vendent leur breuvage à des prix à 4 chiffres sans avoir encore adopté une démarche environnementale et sanitaire irréprochable ?

Parce que ça se vend très bien ainsi…..

Marie-Lys Bibeyran.

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7 Réponses à “Près de 3000 tonnes de pesticides vendus en Gironde en 2016.” Subscribe

  1. Barbier Jacques 14 novembre 2017 à 12 h 15 min #

    Attention certains châteaux actuellement en biodynamie ne respectent aucunement leur personnel je pense entre autres au château Durfort Vivens, propriété de Gonzagues Lurton

  2. Marie-Laure Girault 13 novembre 2017 à 12 h 36 min #

    Bonjour,

    Je serais intéressée par la liste des vente des produits pour avoir une vision de ce qui est épandu sur mon territoire en Lozère.

    Merci pour votre action !

  3. jean.guillerme@wanadoo.fr- 13 novembre 2017 à 11 h 03 min #

    les vins bio sont un peu plus cher mais c’est un choix buvez un peu moins et achetez bio (AB-Ecocertet Demeter). Boycottez systématiquement les autres toute l’année le cancer ce n’est pas une maladie anodine.Merci de suivre ce conseil

  4. georae 12 novembre 2017 à 16 h 44 min #

    … et si nous refusions toute consommation inutile et si nous nous contentions au stricte nécessaire ?
    Cela ne concerne non seulement le bon vin – que j’apprécie beaucoup! – mais TOUTE consommation dont nous n’avons pas vraiment besoin.
    On nous demande de dépenser tout notre argent pour des produits quelconques et superflus et c’est à nous à décider si oui ou non d’acheter.
    Nous devrions nous mettre d’accord entre nous et nous réunir pour refuser la consommation inutile puisque c’est nous qui avons ce pouvoir d’achat.
    Mobilisons-nous pour boycotter ceux qui nous prennent pour des cobayes.

  5. jl.escafit@gmail.com 12 novembre 2017 à 16 h 37 min #

    Le Coeur du Languedoc (zones d’emploi d’Agde Pézenas, de Béziers et Narbonne) est particulièrement concerné, malgré la progression des cultures bio, par l’utilisation des produits phytosanitaires dans la culture de la vigne. Depuis quelques années, dans le recherche de solution de proximité pour la transition énergétique, je m’intéresse à la culture en alternance de chanvre (très pertinent pour produire en proximité des isolants naturels thermiques et phoniques (et peut-être contre les rayonnements électro-magnétiques), des fibres textiles anallergiques (bienvenues face aux maladies de peau type psoriaris ect) et une huile alimentaire) peut servir à aérer des sols durcis et à en extraire les résidus et déchets phytosanitaires pour recyclage à usage non alimentaire). J’utilise donc ce commentaire pour vous demander de me transmettre par courriel les données statistiques actualisées 2016 sur les ventes territorialisées au moins par département des produits phytosanitaires dont l’accessibilité publique gratuite n’est pas évidente, à moins que vous ne puissiez mettre sur votre site le lien complet et le mode d’emploi de la banque nationale des ventes pour les distributeurs (BNVD). Salutations reconnaissantes pour le travail d’intérêt général et d’intérêt vital que voua effectuez.

  6. Thalie 12 novembre 2017 à 15 h 13 min #

    Tout juste, nous détenons le pouvoir car nous pouvons encore – mais pour combien de temps ? – choisir ce que nous consommons….c’est-à-dire à qui nous donnons notre argent.
    Il faut frapper là où ça leur fait mal, au porte-monnaie.
    Cesser d’acheter leurs produits toute marque ou sous-marque confondues, ou les produits les ayant utilisés, c’est cesser d’alimenter leur machine, tout comme on le fait en ciblant les vaisseaux sanguins pour éliminer un cancer en le privant d’aliment…

  7. Romanet 12 novembre 2017 à 6 h 51 min #

    boycotte , mobilisation, ce sont nos seules armes !

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