Ré-autorisation du glyphosate et conflits d’intérêts. 

Mercredi 25 octobre la Commission Européenne a repoussé l’échéance sur la ré-autorisation du glyphosate au 09 novembre. Les 28 pays membres n’ayant pas dégagé une majorité en faveur de l’une ou l’autre des hypothèses. La France, l’Autriche l’Italie et la Belgique notamment, ont voté contre un renouvellement pour 10 ans. La Commission propose désormais 5 ans, sans apparemment envisager un retrait progressif. Pour rappel le glyphosate dont la licence arrivera à son terme le 15 décembre, a été classé cancérigène probable pour l’Homme par le Circ (Centre International de Recherche sur le Cancer, organe de l’OMS) en mars 2015 quand dans la même année l’EFSA (agence de sécurité des aliments en Europe ) et l’ECHA (agence des produits chimiques) prétendaient le contraire. Une explication de cette différence d’évaluation repose sur la base des études sur lesquelles ils se sont fondés. Si le CIRC a sélectionné les études réalisées par des scientifiques indépendants, l’EFSA et l’ECHA se sont appuyées sur celles fournies et réalisées par Monsanto !

Monsanto

Monsanto dont on connait maintenant précisément les pratiques que jusque là on soupçonnait, grâce au travail de Carey Gillam et Kathryn Forgie qui ont révélé les Monsanto Papers.

https://reporterre.net/Celles-qui-ont-revele-les-Monsanto-papers-racontent-comment-Monsanto-triche 

On apprend ainsi que le glyphosate avait été classé catégorie C en 1985 soit cancérigène possible pour l’Homme pour des tumeurs rénales. Mais à force de persuasion Monsanto a convaincu l’EPA (agence américaine de protection de l’environnement) de la déclasser en catégorie E qui correspond à « inconnu »….Ou comment la firme faisait signer des études écrites par ses collaborateurs, par des scientifiques reconnus, ou comment elle  jette le discrédit sur les auteurs de parutions qui  sont défavorables à ses affaires. Entre les sommes astronomiques que lui font gagner ses poisons et les dommages et intérêts qu’elle sera peut-être un jour condamnée à verser aux victimes, au vu de la difficulté à engager une procédure il y aura encore d’innombrables pesticides et autres dérivés de Monsanto qui inonderont le marché avant que sa balance commerciale ne soit déficitaire.

Retrait d’une soi disant alternative au glyphosate, pour mieux nous convaincre de son caractère indispensable ? 

C’est finalement Bayer qui a subi un petit revers cette semaine, avec l’interdiction du Basta F1 herbicide à base de glufosinate d’ammonium. Jeudi 26 octobre l’ANSES a retiré l’autorisation de mise sur le marché à ce pesticide au motif de sa dangerosité potentielle pour la santé humaine. Sachant qu’il était autorisé depuis 1990, il était temps ! Ce produit est utilisé en viticulture notamment (mais aussi sur légumes, pomme de terre, vergers…) pour le désherbage et l’épamprage chimique. On en parle pas assez mais alors qu’il y a des alternatives (épamprage manuel, passage des lanières etc..) il y a encore des propriétés viticoles qui utilisent un herbicide pour nettoyer les ceps de vigne des pousses inutiles. Afin que les professionnels de la viticulture ne se trouvent pas fort dépourvus lorsque la saison sera venue, ils ont le droit d’écouler les stocks pendant 9 mois….soit jusqu’à fin juillet 2018 ! Comme les distributeurs peuvent eux en vendre pendant encore 3 mois, ils ont aussi la possibilité d’en faire des stocks ! 

Vu les qualités du Basta, on a de quoi frémir d’y avoir été exposés pendant si longtemps et de l’être encore :

H302 = nocif en cas d’ingestion

H311 = toxique par contact cutané

H318 = provoque lésions oculaires graves 

H360FD = peut nuire au foetus / à la fertilité

H373 = risque présumé d’effets graves pour les organes (listés) à la suite d’expositions répétées ou d’une exposition prolongée

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Une molécule de retirée….10 d’autorisées ?

Pendant ce temps la même agence soit l’ANSES, délivre une autorisation de mise sur le marché à deux insecticides Closer et Transform comportant du Sulfoxaflor. Cette substance active néonicotinoïde menace d’être un danger pour les abeilles. L’association Générations Futures a de suite répliqué en déposant une plainte contre ces AMM. Cette nouvelle homologation intervient alors que 5 substances actives néonicotinoïdes seront retirées du marché en septembre 2018….

En novembre 2016 c’est le fongicide Yaris qui a reçu son AMM, alors même qu’il est composé de la substance active Fluxapyroxade = Xemium classée H351 = cancérigène probable. Ce pesticide de Basf est homologué pour la viticulture dans la lutte contre l’oïdium.  

Comment est-il possible, admissible en l’état actuel des connaissances scientifiques qu’une agence de sécurité sanitaire délivre une homologation pour une substance active classée cancérigène ?! 

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Ne pouvant pas faire confiance à quelque maillon que ce soit de cette chaîne criminelle, ne comptons que sur nous !

N’oublions pas notre pouvoir de consommateur, d’électeur, notre devoir de parent. 

Continuons de nous insurger, de nous mobiliser et de nous unir, comme à Listrac-Médoc pour la Marche blanche du 08 octobre ou comme pour la pétition qui demande l’application exclusive de produits bio sur toutes les zones agricoles situées à proximité des écoles et de tout lieu qui accueille des enfants, et qui a atteint les 200 000 signatures !

https://www.change.org/p/traitez-en-bio-les-vignes-situ%C3%A9es-pr%C3%A8s-des-%C3%A9coles-stoppesticides

 

Ne rien lâcher jamais !

Ils n’ont de pouvoir que ce que nous voulons bien leur consentir.

Marie-lys Bibeyran

Collectif Info Médoc Pesticides;

 

 

 

 

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