Discours prononcés Marche Blanche 08 octobre 2017.

11 octobre 2017

Actualité Médoc

Habitants de zones agricoles, riverains, parents, enfants, travailleurs des vignes,

Aujourd’hui nous sommes là pour vous ! Ici à Listrac, au cœur du vignoble du Médoc devant cet établissement haut lieu de l’omerta, pour briser le silence de mort dans lequel on voudrait vous/nous confiner.
Les saisons de traitement se succèdent et malgré les avancées scientifiques sur les effets des pesticides et leur écho médiatique, malgré l’explosion des maladies chroniques, malgré les attentes de la société civile.
Rien ne change sur le terrain !
Quelques riverains ont le privilège d’être régulièrement ou de temps à autre informés en amont du traitement ou quelques minutes avant le passage du tracteur, que leur propriété privée va faire l’objet d’une pulvérisation d’un cocktail chimique dont au mieux on soupçonne les effets au pire on les ignore.
Les adeptes d’activités sportives de plein air ou promeneurs du dimanche, n’ayant pas la chance d’être riverains, doivent quant à eux s’en remettre à la fatalité !
Les travailleurs des vignes doivent faire confiance au mieux à l’efficacité des délais de rentrée au pire à celle des Équipements de Protection Individuelle.
Aujourd’hui par cette marche, nous disons STOP ASSEZ, il est passé le temps du déni, des discussions stériles, des politiques de parades !
Le Collectif Info Médoc Pesticides interpelle les institutions viticoles médocaines et leur demande la création d’un site internet d’information générale sur les dates de traitement, afin que celle-ci soit mise à la disposition de l’ensemble de la population. Nous subissons tous les effets de leurs pratiques, ils n’ont pas à décider arbitrairement qui aurait ou pas le droit de s’en protéger un minium. Le Collectif demande également la mise en place d’une réunion publique annuelle en amont de chaque saison de traitement à destination de toute la population, afin d’instaurer un échange, un dialogue transparent sur les attentes, les inquiétudes et les moyens à mettre en œuvre.
Le Collectif interpelle les propriétés viticoles médocaines et la préfecture de la Gironde, la seule protection efficace de nos enfants scolarisés dans des écoles proches de vignes est la culture biologique de ces parcelles.
Le Collectif interpelle les employeurs, les Organismes de Défense et de Gestion du Médoc et l’inspection du travail. La viticulture doit se conformer à la législation du travail en informant ses travailleurs sur l’identité des produits auxquels ils sont exposés. Le Collectif demande à ce qu’une liste de ces pesticides, leur soit remise annuellement. La viticulture médocaine ne peut pas, ne doit pas être une activité de non droit !
Le Collectif rappelle aux employeurs qu’ils sont responsables de la santé de leurs travailleurs et à ce titre soumis à une obligation de sécurité de résultat. Ce sont eux personnellement qui sont susceptibles d’être poursuivis pour faute inexcusable, et pas les firmes, ni les agences sanitaires, ni la MSA.
Je souhaite m’adresser directement aux travailleurs des vignes.
Chers travailleurs agricoles, chers collègues,
Votre exposition aux pesticides et ses conséquences sur votre santé ne sont pas une fatalité, vous ne devez pas avoir à choisir entre votre santé et votre travail, vous ne devez pas avoir à choisir entre faire survivre votre famille et préserver votre santé. Votre vie n’est pas un soi-disant prix à payer pour avoir le droit de travailler, nous sommes là pour que vous ne soyez plus les victimes invisibles des pesticides, alors que vous en êtes les premières victimes.
La précarité provoquée par ceux qui n’ont pas intérêt à ce que vous preniez possession de vos droits, ne doit pas vous empêcher de signaler toute intoxication dont vous pourriez être victime. La reconnaissance de son statut de victime, c’est tout ce qui reste lorsqu’on a perdu son honneur de travailleur, et que son incapacité à travailler ne permet plus de subvenir aux besoins de sa famille, cette reconnaissance est un droit pas une faveur !
Aujourd’hui par cette action, nous vous prouvons que nous sommes là pour vous, pour vous représenter, pour vous accompagner, pour vous défendre.
Aujourd’hui nous vous demandons de reprendre confiance en vous, en votre pouvoir, et de nous faire confiance.
Nous luttons pour vous, avec vous, pas contre vous !
Je n’ai pas vraiment terminé, j’ai une annonce à vous faire.
Au nom de mon frère,
en souvenir de ma maman décédée de la maladie de Parkinson après avoir passé sa vie dans ou à proximité des vignes,
pour tous les travailleurs des vignes sacrifiés,
pour tous ceux qui sont malades
pour tous ceux qui travaillent aujourd’hui dans des conditions qui les exposent eux et leur famille aux pesticides et à leurs effets sur la santé,
parce que l’on ne sortira pas véritablement des pesticides sans reconnaissance des victimes professionnelles,
parce que de cette reconnaissance dépend la protection des particuliers,
face au mépris de la MSA,
face à la collusion des institutions viticoles, des autorités administratives des pouvoirs publics avec le lobby de l’agrochimie,
parce qu’une victime qui n’est pas reconnue est une victime qui n’existe pas,
J’ai décidé avec Maître Lafforgue de porter le dossier en reconnaissance post mortem de maladie professionnelle au nom de mon frère Denis Bibeyran, devant la Cour de Cassation, nous avons formé un pourvoi en cassation.
Marie-Lys Bibeyran.

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