Du nouvel arrêté sur les pesticides : arrêt de mort pour les travailleurs des vignes.

Par une décision datant de juillet 2016 et suite à sa saisine par l’Association “Pommes Poires” le Conseil d’Etat a ordonné l’abrogation de l’arrêté du 12 septembre 2006, qui réglementait les traitements avec des pesticides. S’en suivirent des discussions internes ultra secrètes, pour aboutir à la catastrophe redoutée et annoncée par les associations de victimes, le projet soumis actuellement à une comédie de consultation publique est un véritable arrêt de mort pour les travailleurs des vignes. Est ainsi prévu la possibilité de faire passer le délai de rentrée laps de temps après un traitement durant lequel tout travail dans la parcelle est interdit, de 24 ou 48h à 6h. Les conditions de motivation étant des plus floues, quant au port d’Equipements de Protection Individuelle pas de nature à nous rassurer.

Un dispositif de protection déjà insuffisant encore diminué.
Les délais de rentrée s’échelonnaient alors de 6 à 24 et 48h, en fonction de la dangerosité présumée des produits issus de la chimie de synthèse. L’enquête Apache menée en collaboration avec l’association Générations Futures publiée en 2013, consistant en une analyse de mèches de cheveux de salariés agricoles qui ne manipulaient pas les produits et n’effectuaient pas les traitements avait démontré l’insuffisance de ces délais. Les salariés avaient entre 6 et 7 certains en ayant jusqu’à 10, résidus de pesticides différents dans les cheveux. Sachant qu’ils travaillaient dans le respect des délais de rentrée, quels auraient été ces résultats si cette protection minimale n’avait pas été appliquée ou si elle l’avait été au rabais ?
Un nouveau dispositif venant dangereusement remettre en cause un droit sacré du travail : le droit de retrait.
Le droit de retrait est le droit pour un travailleur de refuser d’exécuter une tâche si celle-ci l’expose à un danger grave et imminent. Que devient ce droit essentiel si cette exposition devient la règle ? ! Est-ce qu’un travailleur pourra encore refuser d’entrer dans une parcelle s’il estime qu’obtempérer comporte un risque pour sa santé ?
Une mise en cause plus aisée de la responsabilité des employeurs ?
Les firmes ainsi que les agences de sécurité sanitaire plus protégées que jamais par ce dispositif opèrent là ni plus ni moins qu’un transfert de leur propre responsabilité sur le dos des employeurs et des salariés eux-mêmes. Ces derniers risquent de voir encore réduites leurs chances de voir reconnue l’origine professionnelle d’une éventuelle pathologie en lien avec leur travail. La Mutualité Sociale Agricole sera sûrement tentée de leur opposer le fait que s’ils sont malades c’est parce qu’ils ne se seraient pas suffisamment protégés, ne leur restera alors qu’à mettre en cause la responsabilité de leur employeur pour faute inexcusable. Ce dernier n’ayant pas la possibilité de se retourner contre les firmes ayant fait peser sur ses épaules la responsabilité du port des Equipements de Protection Individuelle présentés comme suffisamment protecteurs.
En conséquence dans le cas où l’arrêté serait adopté en tant que tel, le Collectif Info Médoc Pesticides invite et encourage les employeurs à ne pas appliquer la diminution des délais de rentrée, voire à tendre vers l’allongement de ces derniers en appliquant un délai de 48h minimum.
pour le Collectif Info Médoc Pesticides.

Une réponse à “Du nouvel arrêté sur les pesticides : arrêt de mort pour les travailleurs des vignes.”

  1. béatrice noyau Dit :

    on peut toujours répondre à la consultation sensée etre publique sur laquelle ils ont bien évité de faire de la publicité et si on trouve le nom des membres de la commission ( des produits phytopharmaceutiques,des matières fertilisantes et des supports de culture, du ministère de l’agriculture,de l’agroalimentaire et de la forêt )qui ont travaillé sur cet arrêté , leur ecrire personnellement;
    pour répondre à la consultation,l’adresse mail,c’est:
    consultations-public.bib.dgal@agriculture.gouv.fr en notant arrêté ppp dans le sujet
    il faut leur montrer qu’on est nombreux à en avoir assez que notre santé passe apres tout le reste
    nous sommes mitoyens avec un agriculteur loin d’être bio;on lui a demandé poliment d’en tenir compte,ce dont il se fiche car il respecte les lois actuelles;on va organiser une réunion sur ce sujet;nous sommes dans le puy de dome
    j’ai trouvé des infos sur le site de générations futures

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