Lettre à ceux qui ont décidé de sceller d’une croix mortuaire le sort des travailleurs agricoles, et à leurs complices.

Je ne sais quelle motivation suprême est la vôtre, ou plutôt je ne veux pas le savoir. Non, je ne veux pas savoir, parce que je ne pourrai pas m’abaisser à tenter de comprendre, ce qui peut vous conduire à condamner à une mort lente, douloureuse et prématurée celles et ceux qui font notre agriculture. Ce qu’il en reste n’est pas très enviable, mais ses petites mains de l’ombre, ces femmes et ces hommes sont autant le présent de cette agriculture vouée à disparaitre que le futur de celle de demain, à inventer.

Leur sacrifice, que vous orchestrez, dessine le visage de l’agriculture que vous souhaitez pour demain : des campagnes silencieuses dont les sillons seront empreints des cadavres de ses artisans.

Est-ce là l’engrais que vous souhaitez pour nourrir le monde de demain ?

Ce ne sont pas les travailleurs agricoles en particulier que vous méprisez, ce n’est pas le fruit de leur labeur, c’est la terre elle-même qui conditionne pourtant toute forme de vie.

Vous avez pertinemment conscience que supprimer les délais de rentrée au profit des équipements de protection individuelle expose les travailleurs agricoles à un risque immédiat et à long terme, d’une extrême gravité pour leur santé. Considération de faible importance face au véritable enjeu qui est d’éviter de faire face financièrement à des demandes de reconnaissance de maladie professionnelle par milliers, et judicieux calcul qui induira de considérables économies en matière de paiement des pensions retraite…Ne manque plus que le contrat avec les pompes funèbres…

Lorsqu’il n’y aura plus de volontaires pour le djihadisme agricole, les travailleurs dits « détachés » seront volontaires tout désignés pour une mort clés en mains, prise en charge assurée de l’exposition au cimetière.

Envisager de telles mesures n’est pas seulement criminel, c’est également totalement invraisemblable après toutes ces luttes qui se font jour ci- et là, au terme de drames humains plus dramatiques les uns que les autres. Combien, oui combien de cercueils faut-il vous apporter pour que l’odeur de ces morts vienne masquer la puissance financière des lobbies ?

S’il vous reste encore un semblant d’humanité, et ma tendance naturelle à l’optimisme naïf me pousse à le croire, essayez de songer à cet enfant qui vous a fait père ou mère, à ce père qui vous a fait grandir, et au moment de sceller le sort des artisans de l’agriculture d’une croix mortuaire demandez-vous pour quelle somme vous estimeriez le sacrifice de cet enfant, de ce père acceptable, justifié…

 

Marie-lys Bibeyran.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus