Entre 2002 et 2007, l’observation a porté sur des travailleurs volontaires pour cette étude et pratiquant les taches de ré-entrée (sur 46 jours) et de vendange (sur 48 jours).
Les données ont été collectées durant leurs activités, au moyen de patchs cutanés et de prélèvement lors du nettoyage des mains à la fin de chaque activité.
Le paramètre ayant le plus d’influence et d’impact sur la contamination semble être le type de tache effectuée. Pour les taches de ré-entrée, le montage des fils et la coupe de branches ont montré les taux les plus forts de contamination, le ramassage du raisin étant le plus élevé.
L’étude a porté sur des vignes ayant été précédemment traitées avec deux fongicides, Folpel et Dithiocarbamates. Le nombre de traitements est en moyenne de 6 par an pour le folpel et 2 pour les dithiocarbamates.
Onze patches cutanés doivent être placés sur le torse, le dos, les bras, les cuisses et les mollets et la tête des volontaires. Ils doivent être appliqués directement sur la peau et sous les vêtements et équipements de protection. Les patchs ne sont valables que pour 1 demi journée et doivent être remplacés à chaque demi-journée.
39 observations de ré-entrée et toutes les 48 observations de vendanges ont été effectuées après un traitement au folpel contre 7 observations de ré-entrée après un traitement aux dithiocarbanates. Le temps écoulé depuis le dernier traitement s’étend de 0 a 13 jours pour les ré-entrées et 39 a 101 jours pour les vendanges.
Durant les taches de ré-entrée, la contamination est plus forte en Juin et Juillet plutôt qu’en Avril/Mai et quand la température est la plus forte.
La contamination médiane chez les femmes est respectivement 3 fois et 70 fois celle des hommes pour les activités de ré-entrée et de vendanges.
Le type d’opération est le paramètre le plus associé avec le niveau de contamination, tant pour la ré-entrée que pour les vendanges. Durant la ré-entrée, la tâche la plus contaminante est le 2eme montage des fils. Pour les vendanges, la contamination est la plus forte pour la coupe des grappes et très faible pour les autres tâches.
Le port de gants n’a pas d’impact sur la contamination pour les activités de ré-entrée et est associé de façon surprenante à une plus forte contamination durant les vendanges.
Le port de tee-shirt pour la demi journée ou la journée entière est associé à un niveau de contamination plus élevé que le port de manches longues. Le port de short ou de pantalons longs n’a par contre pas d’influence sur le niveau de contamination pour les tâches de ré-entrée ou les tâches de vendanges.
Il ne faut pas oublier que ces travaux divers sont effectués de très nombreuses fois dans l’année, principalement pendant la saison de traitement, de mai à août. Les taux observés pendant la récolte semblent plus bas, mais la contamination cumulée sur 10 jours de vendange est comparable à celle d’une seule journée de traitement. De plus, ces tâches concernent un plus grand nombre d’ouvriers (que pour les opérations de traitement) et, s’agissant de travail saisonnier, attirent un grand nombre de femmes et de jeunes, qui sont plus sensibles aux effets néfastes potentiels des pesticides, par exemple les maladies liées à la reproduction et au développement neurologique.
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Un commentaire

  1. GIORGIO0911

    27 juin 2018 à 18 h 03 min

    Bonjour,
    J’habite le Narbonnais, je ne suis pas vigneron, mais au milieu des vignes, la vie est encore plus dangereuse.
    Avec le vent nous consommons plus que la vigne.
    BON COURAGE, BATTEZ-VOUS!! Nous aurons peut être des retombées bénéfiques.

    Sincères Salutations.

    g.D.

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