A LA UNE POLITIQUE SANTÉ  /  Publié le 01/03/2016 . Mis à jour à 15h59 par SudOuest.fr avec AFP
"Des personnes sont en permanence exposées à des résidus de pesticides", affirme l'ONG Générations Futures
« Des personnes sont en permanence exposées à des résidus de pesticides », affirme l’ONG Générations Futures © 

ARCHIVE JÉRÔME JAMET

Une ONG a analysé des échantillons de poussière prélevés dans 20 maisons situées proches notamment de vignes. Entre 8 et 30 pesticides ont été découverts à chaque fois

Des échantillons de poussière collectés dans une vingtaine de maisons situées à proximité de cultures (vignes, vergers, céréales) contiennent des résidus de pesticides, affirme mardi Générations futures.

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L’ONG a fait analyser une vingtaine d’échantillons de poussière et rechercher 61 pesticides différents. Les maisons étaient à une distance comprise entre 0 et 200 mètres des cultures. Parmi la vingtaine de logements étudiés, un est situé dans le Blayais (Gironde), un autre dans le Médoc et un dernier dans la région d’Agen, à chaque fois à proximité de vignes.

 

Jusqu'à 30 pesticides retrouvés dans des maisons proches de cultures dans Actualités
© PHOTO GÉNÉRATIONS FUTURES

 

Entre 8 et 30 pesticides par habitation

Générations futures reconnaît que son « enquête n’a pas la valeur d’une étude scientifique ». Le nombre d’échantillons est faible et il n’y a pas de comparatif avec des zones a priori moins exposées.

Mais l’association dit vouloir « alerter sur le fait que des personnes sont en permanence exposées à des résidus de pesticides » puisqu’ »entre 8 et 30 pesticides par habitation ont été détectés dans la poussière » des échantillons, avec une forte présence de ceux suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Un produit interdit retrouvé dans 90% des habitations

Selon Générations futures, la concentration de pesticides a chuté entre l’été, période de traitement, et l’hiver, sans pour autant tomber à zéro : « des résidus semblent demeurer toute l’année ».

L’ONG signale aussi que trois produits ont été retrouvés dans tous les échantillons : le perméthrine, le tebuconazole et le dimethomorph. Une autre substance, le diuron, pourtant interdit depuis 2008, a été retrouvée dans 90% des habitations.

L’urgence d’une règlementation

 

Les perturbateurs endocriniens (présents dans des pesticides, des plastiques, des cosmétiques, etc.) sont des substances soupçonnées d’interagir avec des protéines régulant les cellules de l’être humain, provoquant ainsi cancers, malformations congénitales et retards de développement chez les enfants.

Faute d’une définition précise des perturbateurs endocriniens, que l’Union européenne était censée produire fin 2013 et qui a été repoussée à 2017, il n’existe pas de réglementation visant spécifiquement ces substances, alors que les preuves de leur dangerosité s’accumulent.

Le 16 décembre 2015, le Tribunal de l’Union européenne, saisi par la Suède, a condamné la Commission pour manquements à ses obligations pour n’avoir pas arrêté à la date prévue une définition des perturbateurs endocriniens.

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