Mon interview sur RMC au micro de JJ Bourdin

Pétition pour l’abandon des pesticides? « Nous n’avons pas le choix », se défend un viticulteur

Copiez collez ce lien pour écouter mon interview :
 http://rmc.bfmtv.com/emission/petition-pour-l-abandon-des-pesticides-nous-n-avons-pas-le-choix-se-defend-un-viticulteur-952283.html

Le succès d’une pétition demandant l’interdiction des pesticides près des écoles lancée par une habitante de Gironde relance le débat sur l’utilisation par les viticulteurs de ces produits phytosanitaires. Un viticulteur a débattu ce mercredi sur RMC avec cette habitante et un professeur de médecine qui alerte sur la dangerosité de ces produits.

Elle habite au milieu des vignes et demande l’abandon des pesticides,abondement utilisés dans la viticulture. Marie-Lys Bibeyran, habitante de Listrac-Medoc, en Gironde, a lancé le 26 septembre dernier une pétition en ligne pour demander l’arrêt de l’épandage de pesticides dans les zones agricoles situées à proximité des écoles ou des établissements recevant des enfants. En à peine cinq mois, elle a déjà recueilli plus de 80.000 signatures. « Il y a un réel danger quant à l’exposition de nos enfants aux pesticides. Ce sont des perturbateurs endocriniens (qui ont des conséquences sur le développement physiologique, NDR), et on sait que les enfants sont les plus vulnérables », explique Marie-Lys Bibeyran, invitée ce mercredi de Jean-Jacques Bourdin.

Selon elle, « la question n’est plus de diminuer les doses, mais de supprimer les pesticides ».

La démarche de cette ouvrière agricole, elle-même exposée aux pesticides, a été motivée notamment par la mort en 2009 de son frère des suites d’un cancer, après avoir travaillé pendant 30 ans dans la vigne. Sa demande de reconnaissance post-mortem de maladie professionnelle a été rejetée en 2014 par la justice. Elle cite également cet évènement, en mai 2014, lorsqu’une vingtaine d’enfants d’une école primaire de Villeneuve-en-Gironde ont été pris de malaises après l’épandage d’un fongicide sur des vignes à proximité.

« Jusqu’où l’insoutenable légèreté de nos politiques ira-t-elle? »

Parmi les signataires de la pétition de Marie-Lys Bibeyran, on trouve Charles Sultan, professeur d’endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier. Depuis 15 ans, ce professeur et ses équipes étudient les conséquences des pesticides sur notre santé. Et pour lui, il est urgent « de demander une réduction drastique des pesticides, voire leur suppression ».

« Ce sont des produits chimiques qui sont responsables d’une augmentation de plus de 30% des maladies chroniques, explique le professeur sur RMC. Leur coût social pour la santé est évalué à 157 milliards d’euros pour les pays européens. Ils sont perturbateurs endocriniens, diminuent les défenses immunitaires, sont mutagènes et reprotoxiques… Jusqu’où l’insoutenable légèreté de nos politiques ira-t-elle pour refuser de voir la réalité et prendre les décisions drastiques qui s’imposent ? »

« Je respecte les règles d’utilisation »

Si la culture de la vigne occupe 3,6% seulement de la surface agricole, elle utilise 20% des pesticides employés en France. Les surfaces sont traitées une douzaine de fois par an et 80% des pesticides utilisés sont des fongicides, dont certains sont classés « cancérigènes possibles ». Mais les viticulteurs, eux, estiment ne pas pouvoir s’en passer.

« En l’état actuel on ne peut pas se passer des pesticides, assure ainsi Jean-Samuel Eynard, président du syndicat des Côtes de Bourg, en Gironde. Il n’y a aucune autre solution ».

Si le sujet est tabou chez les professionnels du vin, Jean-Samuel Eynard explique ne pas avoir d’inquiétudes lorsqu’il répand des produits phytosanitaires sur ses raisins, « huit à neuf fois par an ». « Je regarde les notices d’utilisation et je respecte les règles d’utilisation. J’essaie d’utiliser les produits qui me semblent, en regard des éléments en ma possession, le moins dangereux possible. S’il y a des produits que j’ai décidé de ne plus utiliser ? Non, il n’y a pas de produits que je me suis interdit d’utiliser par principe ». Autre précaution : « les gens qui travaillent avec moi ne rentrent pas dans les vignes 48h après un traitement ».

Il ajoute : « Aujourd’hui il y a des textes qui encadrent l’utilisation des produits phytosanitaires. Les viticulteurs sont des gens sérieux qui respectent les conditions d’usage de leurs produits. Maintenant s’il y a des viticulteurs qui ne respectent pas ces conditions, ils doivent être sanctionnés, c’est tout ».

Marie-Lys Bibeyran, elle, a rendez-vous le 1er mars avec le préfet de Gironde pour lui remettre la pétition. Elle espère d’ici là avoir obtenu plus de 100.000 signatures.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus