Mai 2014 intoxications aiguës d’une classe d’enfants à Villeneuve sur Blaye, commune viticole girondine.

Août 2015 publication d’un rapport de l’Agence Régionale de la Santé et de l’Institut National de Veille Sanitaire sur une investigation faisant suite au signalement en 2012 de Mr Jean-Pierre Manceau maire de l’époque, de 4 cas de cancers pédiatriques sur Preignac, commune viticole girondine.

A Villeneuve sur Blaye, Mme le Maire est viticultrice et propriétaire d’une parcelle jouxtant l’école, une grande part des parents des enfants intoxiqués travaillent dans le secteur viticole…..Pas de suite judiciaire.

A Preignac, la saisine de l’ARS par Mr le Maire a permis l’investigation. Le rapport en faisant état, et malgré les deux années et demi nécessaires à sa réalisation, pèche par un excès de prudence tant par sa teneur que sa discrète publication en pleines vacances aoûtiennes.

Preignac 35% des actifs travaillant dans le secteur agricole et une cinquantaine de viticulteurs, les cancers des enfants de la commune (et des communes limitrophes : Barsac, Loupiac, Sainte Croix Du Mont, Fargues) sont autant de métastases pour l’image et les ambitions de grands noms de la viticulture bordelaise et des vins de Bordeaux.

A Villeneuve comme à Preignac et alentours, les pesticides pulvérisés quelques instants avant les malaises ressentis par les élèves ou de manière récurrente depuis X années, sont largement mis en cause jusqu’à ce que cette présomption de culpabilité soit balayée d’un revers de mauvaise foi à complexer les plus grands prêcheurs de l’innocuité des pesticides.

L’argument de la mise en péril de la survie économique d’exploitations agricoles locales et de la faillite financière des familles y travaillant, transparait dans le refus de parents de Villeneuve de poursuivre judiciairement les auteurs des pulvérisations litigieuses et dans la teneur du rapport produit par l’ARS et l’INVS. Rapport dans lequel des professionnels de la/notre sécurité sanitaire concluent qu’un taux de cancer 5 fois supérieur à la moyenne nationale (4 contre 0.8) constitue un excès relativement faible, alors qu’il s’agit d’enfants. Et écrivent que l’exposition aux pesticides est « possible », sous entendant pas certaine, alors même que l’école n’est distante de la parcelle de vigne que de quelques mètres!

Dans le doute abstiens-toi ! L’absence de certitudes justifiera la non prise de mesures susceptibles de venir protéger les enfants mais contrarier l’économie locale.

Le principe de précaution lui, ne s’applique que pour protéger le vignoble d’attaques parasitaires, contre lesquelles sont alors déployés insecticides et fongicides. Semant ainsi les prémices des cataclysmes qui frapperont quelques années plus tard les organismes humains exposés.

Un cep de vigne contre une vie, en l’occurrence d’enfants, dilemme cornélien.

Le maire actuel de Preignac n’a pour sa part toujours pas tranché, hésitant entre agrandir l’école ou le cimetière….Conscient qu’il est peut-être que le rachat envisagé en vue d’arrachage de la parcelle jouxtant l’école, n’immunisera pas les enfants exposés aux pulvérisations de pesticides, de futures pathologies mortifères.

Villeneuve et Preignac, deux cas probants des effets délétères des pesticides sur la santé de nos enfants et deux bourrasques médiatiques plus tard, la mise en sursis de leurs chances de vivre en bonne santé va être balayée d’un revers de campagne de séduction des vins de Bordeaux sur fond de Cité des civilisations du vin et de désinformation des marchands de mort.

Jusqu’à quand ?

Marie-Lys Bibeyran.

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