Pesticides et cancer du sein : les risques persistent

Le cancer du sein, une maladie aux multiples facteurs déclanchants

Jennifer Maherou est la chargée de documentation scientifique de l’Association Santé Environnement France (ASEF), qui réunit plus de 2 500 médecins en France. L’association travaille sur divers sujets tels que la qualité de l’air, l’environnement de l’enfant, la biodiversité ou encore l’alimentation

Le DDT : 40 ans après son interdiction, il continue à faire des ravages. Ce pesticide interdit depuis 1971 favorise encore aujourd’hui l’apparition du cancer du sein.

Interdit en France depuis 1971, le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) est un pesticide qui a longtemps été utilisé pour lutter contre les moustiques, vecteurs du paludisme. Mais malgré son interdiction, on le retrouve encore aujourd’hui dans l’environnement car il est très stable et peu biodégradable. Il fait d’ailleurs partie des substances que l’on appelle Polluants Organiques Persistants (POP).Pesticides et cancer du sein : les risques persistent. dans Actualité

 

Ce pesticide s’accumule dans les graisses animales, ce qui signifie qu’une fois exposé, il peut rester très longtemps dans notre organisme. Le problème, c’est que, comme tout pesticides, il est considéré comme perturbateur endocrinien c’est-à-dire qu’il peut interférer avec le fonctionnement du système hormonal et entrainer ainsi des effets délétères sur l’organisme comme les troubles de la reproduction (infertilité, malformations), le diabète voire même le cancer.

Des chercheurs américains ont utilisé les données d’une étude épidémiologique menée entre 1959 et 1967 au cours de laquelle l’exposition au DDT in utero de petites filles avait été évaluée grâce à une prise de sang de la mère pendant la grossesse. Après avoir retrouvé 9 300 femmes ayant participé à cette étude, ils ont identifié 118 cas de cancers du sein diagnostiqués avant l’âge de 52 ans et 354 autres femmes n’ayant pas développé la maladie ont servi de témoins. 

Le résultat est sans appel : les femmes les plus exposées in utero au DDT dans les années 60 avaient presque 4 fois plus de risque de développer un cancer du sein à plus de 50 ans par rapport à celles ayant été le moins exposées. Une étude qui montre encore une fois le caractère toxique des pesticides, même lorsqu’ils sont interdits depuis 40 ans. Le DDT serait tout simplement une bombe à retardement !

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