PESTICIDES

Bulletin d’Informations pour les salariés agricoles.

En votre qualité de salarié des vignes, que vous prépariez les produits pour les traitements, que vous remplissiez les cuves des tracteurs pulvérisateurs, que vous effectuiez les traitements, que vous nettoyez les cuves, ou que vous rentriez dans les parcelles précédemment traitées après respect des délais légaux, ce qui suit vous concerne.

<Mesures de précaution à prendre<

De la préparation des produits jusqu’au nettoyage des cuves vous devez être vêtu d’un Equipement de Protection Individuelle. Comportant des bottes, une combinaison, des gants, un masque. Lorsque vous effectuez les traitements avec un tracteur équipé d’une cabine avec filtre à charbon et climatisation, vous n’avez pas à garder votre équipement de protection à l’intérieur du tracteur. La cabine n’est pas obligatoire, lorsque vous opérez sans celle-ci vous devez être vêtu de l’intégralité de votre équipement de protection individuelle durant toute la phase de pulvérisation.Si vous avez à intervenir sur les rampes, ne jamais le faire sans être totalement protégé.

En ce qui concerne les salariés intervenant dans les parcelles après les traitements, dans le respect des délais légaux de rentrée, vous devez être au minimum équipés d’une paire de gants. Privilégier autant que possible, en fonction des conditions climatiques des manches longues.

Si vous ressentez des symptômes tels que maux de tête, nausées, vomissements, éruption cutanée, irritations, suite à une utilisation de pesticides, ou à un retour dans une parcelle de vigne précédemment pulvérisée même après respect du délai de ré-entrée, ayez le réflexe de consulter votre médecin généraliste et de vous faire remettre un certificat médical attestant des symptômes ressentis et du caractère consécutif à une exposition  aux pesticides.

<Quels risques pour la santé ? <

Maux susceptibles d’être ressentis très peu de temps ou quelques heures après une exposition à des pesticides : -céphalées, nausées, vomissements, éruptions cutanées, démangeaisons, irritations oculaires, gêne respiratoire….

Maladies susceptibles d’être contractées suite à une exposition chronique aux pesticides : -cancers, maladie de Parkinson, allergies….

Enquête « Apache »

Entre septembre et octobre 2012, 15 salariés agricoles listracais, ne manipulant pas du tout les pesticides, exposés de par leur retour dans les parcelles traitées, pour la majorité d’entre eux dans le respect des délais légaux de réentrée, participent à l’enquête Analyse de Pesticides Agricoles dans les CHEveux. Ils ont donné une mèche de leurs cheveux afin qu’elle soit analysée, et que soient recherchées des traces de pesticides utilisés dans la viticulture. Ces salariés avaient en moyenne entre 6 et 7 résidus de pesticides dans les cheveux certains en avaient jusqu’à 10 ! Cette enquête prouve la   contamination des organismes des salariés agricoles par les pesticides, même s’ils ne sont pas en contact direct avec ces produits.

Etude Pesticides et Santé de l’INSERM

Il existe un lien qualifié de fort entre une exposition professionnelle aux pesticides et cancer de la prostate, cancers du sang (lymphome non hogkinien, myélomes multiples…), maladies neurodégénérative (maladie de Parkinson…)…

En milieu professionnel, la voie cutanée représente la principale voie d’exposition (environ 80%).L’exposition peut se produire à différents moments : manutention, préparation, application, nettoyage, ré-entrées (tâches effectuées dans des zones traitées), mais les plus exposantes sont la préparation des bouillies ou mélanges et les tâches de ré-entrées.

-Conséquences des expositions professionnelles des parents pour les enfants: La littérature suggère une augmentation significative du risque de fausses-couches ainsi qu’une augmentation du risque de malformations congénitales lors d’une exposition professionnelle de la mère aux pesticides. D’autres études pointent une atteinte de la motricité fine et de l’acuité visuelle ou encore de la mémoire récente lors du développement de l’enfant. Enfin, une augmentation significative du risque de leucémie et de tumeurs cérébrales a été mise en évidence.

Pesticides et santé de l’enfant :

Le Pr Charles Sultan, chef du service d’endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier : « Si vous êtes un enfant d’agriculteur, vous avez quatre fois plus de chances d’avoir une malformation génitale ».  A Montpellier où le professeur Sultan exerce, le tiers des malformations génitales du garçon survient chez des enfants d’agriculteurs. Sans compter les cas de puberté précoce chez de plus en plus de petites filles.

 

<Législation<

Art R4412-38.du code du travail:

-I « L’employeur veille à ce que les travailleurs  ainsi que le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ou, à défaut, les délégués du personnel:

« 1° Reçoivent des informations sous des formes appropriées et périodiquement actualisées sur les agents chimiques dangereux  se trouvant sur le lieu de travail, telles que notamment leurs noms, les risques pour la sécurité et la santé qu’ils comportent et, le cas échéant, les valeurs limites d’exposition professionnelle et les valeurs limites biologiques qui leur sont applicables;

 

    2° Aient accès aux fiches de données de sécurité fournies par le fournisseur des agents chimiques;

    3° Reçoivent une formation et des informations quant aux précautions à prendre afin d’assurer leur protection et celle des autres travailleurs présents sur le lieu de travail.

Doivent être notamment portées à leur connaissance les consignes relatives aux mesures d’hygiène à respecter et à l’utilisation des équipements de protection individuelle. »

 

 

Article R4412-89 :

L’information des travailleurs porte sur les effets potentiellement néfastes de l’exposition aux substances chimiques sur la fertilité, sur l’embryon en particulier lors du début de la grossesse, sur le fœtus et pour l’enfant en cas d’allaitement
Elle sensibilise les femmes quant à la nécessité de déclarer le plus précocement possible leur état de grossesse et les informe sur les possibilités de changement temporaire d’affectation et les travaux interdits prévus respectivement aux articles L. 1225-7 et D. 4152-10.

 

Arrêté du 12 septembre 2006 :

Les délais de ré-entrée varient en fonction du pesticide pulvérisé, et des phrases de risque (ou des mentions de danger) des produits.

R36 ou Provoque une sévère irritation des yeux= 24H.

R38 ou Provoque une irritation cutanée=24H.

R41 ou Provoque des lésions oculaires graves=24H.

R42 ou Peut provoquer des symptômes allergiques ou d’asthme ou des difficultés respiratoires par inhalation=48H.

R43 ou Peut entraîner une allergie cutanée=48H.

Absence de phrases de risque ou de mentions de danger=6H ou 8H si application en milieu fermé.

 

Article D4152-10 :

Il est interdit d’affecter ou de maintenir les femmes enceintes et les femmes allaitant à des postes de travail les exposant aux agents chimiques suivants :
1° Agents classés toxiques pour la reproduction de catégorie 1 ou 2 ;
2° Benzène ;Etc….

 

ArticleD4153-26 et 27 :

Interdiction d’employer les jeunes travailleurs de moins de 18 ans aux travaux les exposant à des produits antiparasitaires qui nécessitent le port d’équipements de protection individuelle.


Article L4131-1 :

Le travailleur alerte immédiatement l’employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection.

Il peut se retirer d’une telle situation.

L’employeur ne peut demander au travailleur qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d’une défectuosité du système de protection.

 

Article R4412-19 :L’employeur assure l’entretien des équipements de protection individuelle et des vêtements de travail, pour toute exposition à des agents chimiques dangereux.

Article R4412-72 : Pour toutes les activités pour lesquelles il existe un risque de contamination par des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, l’employeur prend les mesures appropriées suivantes :
1° Veiller à ce que les travailleurs ne mangent pas, ne boivent pas et ne fument pas dans les zones de travail concernées ;
Fournir des vêtements de protection ou tous autres vêtements appropriés, les placer dans un endroit déterminé, les vérifier et les nettoyer, si possible avant et, en tout cas, après chaque utilisation et les réparer ou remplacer s’ils sont défectueux, conformément aux dispositions de l’article R. 4323-95 ;
3° Veiller à ce que les travailleurs ne sortent pas de l’établissement avec les équipements de protection individuelle ou les vêtements de travail.

Arrêté du 3 octobre 1985 fixant les conditions dans lesquelles des douches doivent être mises à la disposition du personnel effectuant des travaux insalubres ou salissants :

Les chefs d’établissements et d’exploitations agricoles sont tenus de prendre les mesures nécessaires pour mettre des douches à la disposition des salariés qui effectuent les travaux salissants susceptibles de provoquer des maladies professionnelles. Dans les établissements où sont occupés au plus dix salariés et lorsque lesdits travaux sont effectués à titre occasionnel, l’employeur est tenu de fournir aux salariés les moyens de procéder à un nettoyage corporel aux lieu et place des douches. Le temps passé à la douche ou au nettoyage corporel, rémunéré comme temps de travail normal, est au minimum d’un quart d’heure et au maximum d’une heure, déshabillage et rhabillage compris.

Si vous ressentez des symptômes tels que maux de tête, nausées, vomissements, éruption cutanée, irritations, suite à une utilisation de pesticides, ou à un retour dans une parcelle de vigne précédemment pulvérisée même après respect du délai de ré-entrée, ayez le réflexe de consulter votre médecin généraliste et de vous faire remettre un certificat médical attestant des symptômes ressentis et du caractère consécutif à une exposition  aux pesticides.

Article R4412-50 : En dehors des visites périodiques, l’employeur fait examiner par le médecin du travail tout travailleur exposé à des agents chimiques mentionnés à l’article R. 4412-44 qui se déclare incommodé par des travaux qu’il exécute. Cet examen peut être réalisé à la demande du travailleur.
Le médecin du travail est informé par l’employeur des absences, pour cause de maladie d’une durée supérieure à dix jours, des travailleurs exposés à ces agents chimiques.

Numéros de téléphone utiles :

Inspection du travail : Fabien Grandjean 05 56 00 09 84 (lundi après-midi)

Médecine du travail :  MSA 05 56 01 83 83 (demander service santé au travail)

Phyto Victimes : Ophélie Robineau 06 74 78 88 27

Si vous souffrez d’une maladie susceptible d’être liée à votre exposition aux pesticides, consultez votre médecin généraliste afin qu’il vous remette un certificat médical initial attestant de la possible origine professionnelle de votre maladie. L’envoi de ce certificat à la MSA, ainsi que de la liste des pesticides auxquels vous avez été exposé, ouvrira une demande en reconnaissance de maladie professionnelle, vous donnant droit si celle-ci est reconnue, à une prise en charge de vos frais médicaux.

 

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Un commentaire

  1. ludo

    27 mai 2015 à 22 h 55 min

    Juste aujourd’hui sur une équipe de 10 j’ai eu 2 pb d’erruption cutanée en respectant les délais de régénérée. Ça daye

    Répondre

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