Il refuse le tout chimique, les engrais, mais aussi la course folle à l’endettement. Il revient à la ferme autonome de ses grands parents. Et ça marche !

Pascal Berthelot | 11 Mai 2015, 10h27 | MAJ : 11 Mai 2015, 14h07

Fabrice Bouin au milieu de ses vaches dans sa ferme à La Barre de Semilly (Manche).
Fabrice Bouin au milieu de ses vaches dans sa ferme à La Barre de Semilly (Manche).
(Photo DR)

« Je me suis désintoxiqué ». Voilà comment Fabrice Bouin explique son parcours d’agriculteur en Normandie, à La Barre de Sémilly (Manche). Désintoxiqué des pesticides, des engrais, des aliments bétail achetés hors de la ferme, de la course au plus gros tracteur, de l’endettement permanent… Fabrice est un éleveur atypique.

Il produit du lait avec ses 40 vaches normandes. Son crédo : l’autonomie !

« On m’a pris pour un fou »

« Dans le métier de paysan, on est sollicité par des vendeurs toutes les semaines. Engrais, produits phytosanitaires, matériel… On est tenté tout le temps ! » Fabrice Bouin reprend l’exploitation familiale en 1996. Au début, il fait comme tout le monde : il cultive du maïs pour nourrir ses vaches. Mais pour ça, il faut 6 tonnes d’engrais chimiques par an, des pesticides… Et en plus, il faut acheter des suppléments alimentaires à l’extérieur de la ferme ! Alors, quand il commence à dire non, on le prend pour un fou…

Le retour au bon sens paysan

Tout part pourtant d’une réflexion de bon sens : c’est au printemps qu’il y a le plus de bonne herbe dans les champs. Il faut donc que ses vaches donnent naissance à leur veau à ce moment là, pour profiter de la meilleure herbe et réduire l’achat d’aliments à l’extérieur. Ensuite, il renonce au maïs. Il base son alimentation sur l’herbe, en foin ou en ensilage.

Une ferme auto-suffisante

Résultat de sa nouvelle stratégie «propre» : aujourd’hui il n’injecte plus un kilogramme d’engrais chimiques dans ses champs, il n’utilise plus du tout de pesticides (il est passé bio en 1999). Et il nourrit totalement ses vaches avec la production de la ferme. Et ça marche ! Bien sûr, ses animaux produisent deux fois moins de lait que dans une ferme standard… Mais ses revenus n’ont pas diminué, il assure même faire des économies : « Je paie deux fois moins de frais vétérinaires car mes vaches sont moins malades ».

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