Le Point – Publié le 26/03/2015 à 19:06

Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand doit statuer sur le lien entre le décès d’un ancien salarié et les produits phytosanitaires qu’il a manipulés.

Photo illustration. Le tribunal tentera d'établir le lien entre les pesticides et le cas d'un ancien salarié de l'Inra décédé.
Photo illustration. Le tribunal tentera d’établir le lien entre les pesticides et le cas d’un ancien salarié de l’Inra décédé. © Duncan Usher / Minden Pictures / Biosphoto
Pesticides : l'Inra dans le viseur de la justice dans Actualités sourceafp

Le cas d’un ancien salarié de l’Inra, mort en 2013 d’une maladie du sang, a été examiné jeudi par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, qui devra statuer sur le lien potentiel entre son décès et les produits phytosanitaires qu’il a manipulés durant sa carrière. Sa décision a été mise en délibéré. « Nous avons pu faire reconnaître le lien entre les pesticides et les maladies contractées par des agriculteurs, des salariés agricoles ou de l’agroalimentaire, mais nous n’avions jamais eu encore le cas de fonctionnaires de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) », a expliqué Me François Lafforgue, spécialisé dans la reconnaissance des maladies professionnelles.

Plusieurs anciens salariés de l’Inra, « répartis sur toute la France« , devraient également « déposer leurs dossiers », selon lui. Un porte-parole de l’Inra n’a confirmé que ce cas en cours. Bernard Bonnemoy avait travaillé pendant trente ans comme technicien de recherche sur les sites de Crouël, à Clermont-Ferrand, et de Theix. Responsable des traitements phytosanitaires sur le domaine et pour les expérimentations extérieures de 1983 à 1996, « il était le nez dans les pesticides », a souligné Me François Lafforgue. « Il a été exposé autant, voire plus, qu’un agriculteur, car il utilisait neuf mois de l’année, dix heures par jour, des produits phytosanitaires. Certains contenaient du benzène, dont le lien avec les maladies professionnelles est aujourd’hui reconnu, et des principes actifs qui sont quasiment tous interdits ou retirés du marché aujourd’hui », a-t-il ajouté.

En février 2013, les médecins diagnostiquaient à l’ex-salarié un syndrome myélodysplasique – une anomalie de la moelle osseuse entraînant une hémopathie -, dont il décédait six mois plus tard à 52 ans. Le temps d’initier une procédure de reconnaissance en maladie professionnelle, combat poursuivi aujourd’hui par sa fille aînée. En janvier 2014, l’Inra avait refusé la reconnaissance, post mortem, d’une maladie professionnelle de Bernard Bonnemoy, après avis de la commission de réforme de la Sécurité sociale et d’un expert médical travaillant dans le service spécialisé d’un CHU.

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