L’emploi de produits phytosanitaires à proximité des habitations provoque parfois des conflits de voisinage. Viticulteurs et élus ouvrent le débat.

Quand l’épandage est source de querelles
Un débat très riche en présence d’Hervé Grandeau, Martine Faure et Bernard Farges.© 

PHOTO P. L.

PIERRE LASCOURRÈGES

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p.lascourreges@sudouest.fr

Faut-il douter des pratiques d’épandage des produits phytosanitaires dans les vignes situées à proximité des habitations ? La question valait justement d’être posée pour la première fois au cours d’un débat public à Saint-Macaire, entre élus et viticulteurs.

Pour partir d’un cas concret, Didier Cousiney, viticulteur au Pian-sur-Garonne a témoigné de sa propre expérience sur un conflit de voisinage. « Un jour, j’ai vu arriver une personne chez moi alors que j’étais en pleine campagne de traitement. Et c’est là que les ennuis ont commencé… ». Que faut-il faire ? Comment répondre à ces attaques ? Un tour de table aura au moins permis d’exprimer un sentiment général.

Tout, sauf une généralité

« Le mot pesticide est bien généralement le seul que l’on retient dans ces cas là, alors que nos vins bénéficient d’une très bonne image pour les consommateurs », retient Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux.

Le problème ne vient pas tant des pesticides et des intrants qui sont tous des produits homologués, mais plus sûrement de la maîtrise de leur utilisation. Pourtant, d’énormes progrès ont été faits et l’on n’est pas dans de la surconsommation. « Il ne faudrait pas généraliser certains incidents comme celui survenu l’année dernière à Villeneuve-de-Blaye et qui avait suscité un emballement médiatique, associatif et administratif », remarque Bernard Farges.

« Depuis, un arrêté préfectoral interdit un épandage à moins de 50 mètres des écoles », rappelle Hervé Grandeau, président de l’ODG Bordeaux et Bordeaux-Supérieur.

« Le vivre ensemble »

Ainsi, tout le monde s’accorde sur un respect des bonnes conduites à tenir. Baisser les régimes, ne pas traiter les jours de vent, limiter les gênes avec les plus proches voisins…

Thierry Bos, président de l’ODG de Saint-Macaire fait le constat que « les gens sont perdus et ne connaissent pas tous les règlements ». De cette méconnaissance naît un sentiment d’incompréhension. « On ne peut pas réduire le métier de viticulteur à celui de pollueur », affirme Didier Cousiney. « Les viticulteurs ne sont pas tous des suicidaires », dira à son tour la députée Martine Faure.

Il n’empêche que plusieurs maires autour de Jean-Pierre Jausserand, président de la Communauté de communes des Coteaux macariens sont venus dire leur « difficulté à régler des problèmes de voisinage, dont l’usage de produits phytosanitaires ne saurait être qu’un prétexte ».

Pour Michel Hilaire, conseiller général, « cette question pose plus généralement les difficultés du vivre ensemble ».

Quant aux solutions, elles passeront probablement par de nouvelles règles sur l’élaboration des documents d’urbanisme ou bien sur une plus large information et communication sur les métiers du vin, en direction des habitants.

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