• Eugenia Pommaret, directrice générale l’Union industries protection plantes
    Eugenia Pommaret, directrice générale de l’Union des industries de la protection des plantes - Marc Bertrand

La directrice générale de l’Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) juge les objectifs du nouveau plan Ecophyto « peu réalistes, voire démobilisateurs ». Les entreprises agro-chimiques étudient des pistes alternatives à l’utilisation de pesticides.

Que pensez vous du nouveau plan Ecophyto du gouvernement  ?

Nous le trouvons peu réaliste. Voire démobilisateur, parce qu’il se focalise uniquement sur des objectifs chiffrés, alors qu’il faudrait se concentrer sur la généralisation des bonnes pratiques.

Quelles sont ces bonnes pratiques  ?

L’enjeu principal est la santé. On peut réduire les risques pour les agriculteurs en les incitant à utiliser beaucoup plus largement les équipements de protection et en les formant mieux à l’utilisation des produits phytosanitaires. En matière d’environnement, il y a également des marges de progrès. Pour réduire l’impact de l’utilisation des traitements sur la nature, on peut améliorer les matériels, les applicateurs, les pulvérisateurs etc …Il est aussi possible de développer les assolements. Cela étant, selon le sondage publié par le ministère de l’Agriculture, 76 % des agriculteurs ont des pratiques agricoles dites « raisonnées ». Il est difficile de faire beaucoup mieux.

Les actions que vous prônez n’ont pas du tout réduit les quantités de pesticides utilisés. Surtout en 2013. Comment l’expliquez-vous  ?

L’année 2013 a été marquée par une météo catastrophique, beaucoup de pluies, qui ont stimulé le développement des moisissures et obligé les agriculteurs à accroître les traitements. On ne peut pas se passer de pesticides aujourd’hui. Même le récent rapport du député Dominique Potier reconnaît la nécessité de l’utilisation des phytosanitaires.

Le chiffre d’affaires réalisé par l’industrie agro-chimique dans les pesticides progresse-t-il encore  ?

Non, il est stabilisé à 2 milliards d’euros depuis des années pour ce qui est des usages agricoles. Le nombre de molécules commercialisées a revanche considérablement diminué. D’un millier avant l’adoption en 1991 de la directive européenne sur l’harmonisation des conditions de mise en marché, elles sont moins de 300 aujourd’hui.

Est-ce toujours un enjeu crucial pour les entreprises comme Monsanto, Syngenta ou BASF ?

Oui incontestablement. Toutes recherchent des méthodes alternatives. Elles développent les produits naturels comme le cuivre ou le soufre, ainsi que le biocontrôle ou les nouvelles techniques que sont le recours aux trichogrammes, ces parasites destructeurs d’insectes, et les phéromones émises par beaucoup d’animaux et certains végétaux. Mais tout cela ne représente encore qu’une infime partie du marché du traitement des plantes.

Marie-Josée Cougard
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