Une centaine de personnes a assisté hier après-midi à la conférence du cancérologue Dominique Belpomme sur les ravages des pesticides pour notre santé.

Avec la pollution environnementale, « l’espèce humaine se met en extrême danger », estime le professeur Dominique Belpomme. Photo Dominique ROQUELETPESTICIDES : LE CRI D’ALARME À VESOUL dans Actualités zoom_in_magnifier_secureAvec la pollution environnementale, « l’espèce humaine se met en extrême danger », estime le professeur Dominique Belpomme. Photo Dominique ROQUELET

Le message est volontairement alarmant. Le professeur Dominique Belpomme, cancérologue parisien, expert en santé environnementale, fondateur et président de l’Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac), a donné deux conférences à Vesoul hier.

Le soir, à l’invitation de France nature environnement Haute-Saône, il s’est penché sur les risques liés aux ondes électromagnétiques, notamment celles de nos portables. L’après-midi, il a sensibilisé une centaine d’auditeurs aux conséquences de la pollution aux pesticides.

Le cancérologue a lancé un véritable cri d’alarme. Pour lui, avec la pollution environnementale, « l’espèce humaine se met en extrême danger ». « C’est ce que disent les scientifiques, mais ils ne sont pas entendus », regrette-t-il.

En ligne de mire, notamment, les pesticides « principalement utilisés dans l’agriculture ». « Quand ils sont pulvérisés, 10 % partent dans la terre, 90 % dans l’air. Ils rencontrent alors les poussières et sont transportés sur des milliers de kilomètres. » Présents sur les plantes, « ils se retrouvent dans toute la chaîne alimentaire, y compris la viande ».

« Les femmes et les enfants d’abord »

Conséquences ? Les pesticides sont mis en cause dans « l’explosion » de trois principaux types de cancers (sein, prostate et testicules). Selon le professeur Belpomme, ils sont aussi responsables de troubles de la fécondité. Mais en première ligne, il y a les enfants. « Aujourd’hui, 10 % naissent malades », lance le président de l’Artac. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. »

Contaminés au stade embryonnaire dans le ventre de leur mère, les enfants risquent des malformations congénitales à la naissance. Quand les ébauches de glandes sexuelles subissent des lésions, les conséquences peuvent se révéler à la puberté. Leucémies, tumeurs au cerveau… « Chaque année, on enregistre une augmentation de 1 % du nombre de cancers chez l’enfant », alerte le professeur Belpomme. Certaines maladies « rares » ne le sont plus : « Un enfant sur 68 naît autiste aujourd’hui, contre un sur 5000 il y a 25 ans. L’autisme connaît une croissance exponentielle. »

Que faire face à un tel constat ? Sur le plan individuel, « il faut protéger les femmes enceintes et les enfants », répond le cancérologue. « C’est ce qu’on dit face à une catastrophe majeure : les femmes et les enfants d’abord. Pour ça, une seule façon de faire : manger du bio, de préférence de proximité. »

De manière plus globale, le professeur Belpomme prône – sans grandes illusions – un changement radical de nos pratiques agricoles. « Je suis en bout de chaîne, je vois les enfants malades arriver », lance-t-il. « On ne pourra pas attendre un siècle ». Il se bat donc aussi pour la pénalisation « des dommages graves et irréversibles à l’environnement et à la santé ».

Sa conclusion, en guise de confession : « Le petit-bourgeois que j’étais est devenu révolutionnaire. Aujourd’hui, l’économie passe avant les valeurs humaines, l’environnement, la santé. C’est le contraire qu’il faudrait faire : mettre l’économie à notre service. »

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