Pépinières viticoles : « halte à la présomption de flavescence dorée »

« A défaut de résultats d’analyse, tout symptôme de jaunisse est considéré comme étant de la flavescence dorée » pose depuis le 6 octobre une note de service de la Direction Générale de l’Alimentation(DGAL), définissant les modalités de surveillance et de lutte contre la flavescence dorée et le bois noir. « Ce point met en évidence une présomption de flavescence non prévue par l’arrêté du 19 décembre 2013 » s’est emporté David Amblevert, lors de l’Assemblée Générale de Pépiniéristes-Viticulteurs de Gironde et du Sud-Ouest qu’il préside (comme la Fédération Française des Pépinières Viticoles Françaises). Estimant que « l’article 5 de l’arrêté impose l’obtention d’un résultat positif d’analyse pour identifier la contamination d’un cep de vigne », il réclame donc l’abrogation de cette note de service pour illégalité interne (une note de service ne pouvant que commenter et interpréter un texte, pas le compléter).

S’insurgeant donc contre des « mises en quarantaine excessives, sans justification technique autre que le principe de précaution », il en a profité pour rejeter (de nouveau) toute approche systématique des traitements à l’eau chaude, plaidant pour un renforcement des contrôles des vignes abandonnées et le bon placement des traitements d’insecticides. Une approche partagée par une partie du vignoble : « on ne pense pas que le traitement des bois à l’eau chaude soit la panacée, ni une réponse à la problématique de la flavescence dorée » a soutenu Bernard Farges. Le président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB) s’est montré inquiet par la remise en cause des arrêtés préfectoraux définissant les traitements insecticides des périmètres de lutte obligatoire contre la cicadelle dorée. Après la relaxe, en appel, du vigneron bourguignon Emmanuel Giboulot, il ne cache pas la crainte de voir essaimer « les positions idéologiques et démagogiques de quelques viticulteurs ».

Ne manquant décidément pas de sujets de discorde avec la DGAL, David Amblevert souhaite ouvrir le débat sur « l’efficacité de l’insecticide bio [le Pyrévert] et s’interroger sur son homologation en viticulture et pas en pépinières. Cette aberration est responsable de pertes importantes de surfaces de vignes mères de greffons ! » Pour justifier cette différence de traitements, François Hervieu (directeur régional du Service Régional d’Alimentation, le SRAL), expliquait que « dans la lutte contre la flavescence dorée, deux logiques s’opposent, se complètent. D’une part il y a la sécurisation des pépinières, de l’autre celle du vignoble »,cette dernière étant moins sévère puisque « les viticulteurs n’exportent pas de matériel végétal potentiellement vecteur de la flavescence ». Mais même la comparaison de la flavescence dorée de la vigne avec la terrible maladie de Sharka des arbres fruitiers n’aura pas réussi à convaincre les pépiniéristes. A les entendre, ce principe de précaution conduit à une gâchis de matériel végétal « sain et plus que sain», alors qu’au niveau national* le matériel végétal se fait rare et que le risque d’importation de plants moins qualitatifs (potentiellement vecteur de phytoplasmes et viroses) est soulevé.

 

 

* : En Gironde et dans le Sud-Ouest, « les restructurations et plans collectifs pourront être honorés dans leur ensemble en 2015 » assurait David Amblevert, qui mise sur le développement des plants en pot.

 

 

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