«Si demain j’ai un cancer, je le dis ici, je porterai plainte contre le maire, pour ne pas m’avoir protégé contre les pesticides, alors qu’il avait été informé de leur dangerosité» déclare une manifestante, faisant référence au procès de la Faute-sur-Mer.
Il ne fait pas bon être maire d’une commune viticole ou d’autre culture agricole et de renier ses responsabilités , parce qu’elles sont à la veille de vous exploser au visage ! A bon entendeur ….

Faire autrement est-il possible ? Pomiculteurs-Viticulteurs même combat pour les riverains ! dans Actualités
 Environnement-Pesticides

Le rassemblement organisé par les associations Allassac ONGF et Génération future, a réuni une centaine de personnes décidées à faire bouger les lignes en matière de pesticides. Les riverains accompagnés de médecins, ont porté à la mairie d’Allassac un arrêté type visant à garantir la sécurité sanitaire des populations. La porte sera-elle entrouverte vers une autre façon de faire ? Beaucoup l’espèrent…

«Si demain j’ai un cancer, je le dis ici, je porterai plainte contre le maire, pour ne pas m’avoir protégé contre les pesticides, alors qu’il avait été informé de leur dangerosité» déclare une manifestante, faisant référence au procès de la Faute-sur-Mer.
Au pied de la collégiale d’Allassac, deux médecins rappellent ce que beaucoup savent déjà ici «il y a un lien fort entre les pesticides et des maladies de types : leucémie, lymphome, myélome, cancer de la prostate ou maladie de Parkinson, notamment chez ceux qui sont en contact fréquent avec ces produits.»
Parmi les manifestants, on acquiesce, citant le cas de pomiculteurs et voisins, «dans la famille, le père a un cancer, la fille est infertile et la mère souffre de maladies chroniques. Mais on ne dit rien, c’est l’omertà.»
Une situation que les organisateurs veulent changer. S’appuyant sur les dernières analyses publiées par l’Agence Régionale de Santé (voir article du mardi 28 octobre), soutenus par les constatations des médecins et d’agriculteurs eux-mêmes victimes des produits phytosanitaires, ils lancent un appel. «L’idée est de proposer au maire un arrêté portant sur l’adoption de mesures temporaires visant à garantir la sécurité des populations, notamment celles dites vulnérables, vis-à-vis des épandages de produits phyto-pharmaceutiques.»
L’arrêté a fait l’objet d’un travail de longue haleine de l’association et a été validé par des avocats. «Au vu de la réglementation européenne, l’utilisateur a l’obligation d’aviser, avant leur utilisation, tout voisin qui est susceptible d’être exposé à la dérive de pulvérisation et a demandé à en être informé.» Le docteur Joseph Mazé explique qu’à Saint-Yriex la coopérative Limdor applique déjà cette mesure, demandée ici depuis de nombreuses années par les riverains.
«Au vu de la loi d’avenir agricole 2014, l’autorité administrative peut prendre des mesures d’interdiction, de restriction ou de prescription particulière concernant (…) l’utilisation des produits mentionnés.»
Les organisateurs souhaitent une prise de conscience locale, avec «aujourd’hui le maire, demain le préfet et plus tard les députés pour une législation au niveau national.» Ils rappellent qu’Allassac ONGF a œuvré pour l’interdiction de l’épandage aérien, aujourd’hui interdit. «Ce sont les initiatives locales qui font bouger le national.»
L’arrêté (de huit pages) détaille   les textes législatifs existants et les analyses sanitaires, afin de donner au maire de la commune la possibilité d’appliquer des consignes «de bon sens, voire de bon voisinage» : période d’application, droit à l’information publique, interdiction et restrictions, produits concernés, rappel d’interdiction (lié au vent ou à proximité d’un point d’eau), distance minimum entre exploitation et habitation (respect de la zone tampon).
Pourtant, à l’entrée de la mairie, trois adjoints chargés d’informer la délégation de l’absence du maire, en refuse l’accès. «Ils ont pris l’arrêté mais ont refusé d’en discuter.»
Christine, une manifestante, déplore ce manque de dialogue, «j’ai du pousser la porte pour que les médecins qui viennent de Limoges soient au moins écoutés.» Il y a beaucoup de déception, d’être «parqué ainsi entre deux portes».
Des élus du conseil municipal qui s’étaient joints aux manifestants confirment l’accueil silencieux de la première adjointe entourée de deux conseillers, refusant de répondre aux micros tendus de la presse locale.
Cependant, tous espèrent que l’entrevue reportée à jeudi prochain avec le maire (cette fois-ci) sera plus productive, «tout est question de courage politique désormais.»

Texte et photo : Murielle Babin-Dupuy


Les pomiculteurs
à la suite de la manifestation, l’association Pommes du Limousin réagit: «Les pomiculteurs dénoncent la communication fallacieuse de l’ONG écologiste Allassac ONGF». «Cette opération médiatique provoque des peurs infondées sur les questions de santé publique et vise à déstabiliser la filière pomicole. Allassac ONGF établit des conclusions erronées à une étude réalisée par l’ARS, Lim’Air et avec la participation de la profession elle-même. Les résultats de cette étude sont rassurants (mai à octobre 2014). Seules 35 molécules ont été retrouvées à des traces infimes (seules 12 ont pu être quantifiées et sont limitées  dans le temps). Le risque potentiel pour les populations n’est pas avéré. La plupart des molécules utilisées ne sont pas imputables à une seule utilisation en arboriculture. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’air est plus respirable à proximité d’un verger qu’au cœur de toute cité urbaine (…)»

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